‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 168 sur 389 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Madame SENNEVILLE, RIFLARD, VERNON.

VERNON

\h! vous voilà; j'étais sûr de vous trouver ensemble. Ne craignez rien, mon intention n'est pas de vous causer la moindre peine. Soyons divisés , ennemis entre nous, c'est fort bien; mais unissons-nous contre les étrangers qui viennent se mêler à nos débats ; enfin

\ ACTE IV, SCÈNE IL i-i?>

nous sommes chez nous, et ce petit monsieur Je

viens vous avertir d'un petit incident , qui se prépare ; il n'y aura pas d'esclandre ; mais toute la société est au fait : quand tout le inonde sera retiré , votre oncle est absolument décidé à éconduire poliment ces deux voyageurs , qui ne sont pas faits pour être admis dans une société délicate , véritablement.

MADAME SENNEVILLE

Que vous ont-ils fait ces pauvres jeunes gens ?

VERNON

Comment, madame! ils sont admis, reçus, fêtés chez madame Guibert , qui est une personne fort ridicule , sans doute, mais il ne s'agit pas de cela présentement, et ils se permettent de se moquer d'elle ; ils supposent je ne sais quel mariage.

MADAME SENNEVILLE

Convenez que ce prétendu mariage est fort gai, et que madame Guibert mérite bien....

RIFLARD

Oui, c'est fort gai ; mais voulez-vous que je sois leur jouet à mon tour? Nous avons des mœurs dans notre ville , et nous devons être jaloux de conserver notre réputation.

VERNON

Et cet autre qui fait le railleur ; n'y a-t-il pas dans l'auberge de la Poste une belle dame qui se cache à tout le monde , et qui a des entretiens avec lui ?

En vérité ?

VER NON

Eh! mon Dieu! oui; cela se sait déjà dans toute la ville. Fi donc! deux libertins, deux mauvais sujets; je

ne parle pas de la conduite qitils ont tenue avec ma sœur , avec moi.

MADAME SENS fKVILLE.

Ah ! c'est une horreur. Mademoiselle Vernon est une si bonne personne , et j'aimerais tant à la voir heureuse !

VERNON

Ma sœur est une folle. Cependant pour cet article soyez tranquille , je ne m'endors pas , je suis en règle , et dès ce soir

RIFLARD

Comment , madame , vous balancez. Décidez-vous. S'ils logent chez vous ce soir , songez -y , vous ne me reverrez plus.

MADAME SFNNEVILLF.

Petit despote , vous voulez que je vous le sacrifie , je le vois ; il faut donc absolument que je prenne un

parti Eh bien! cela me coûte; je voudrais en vain

vous le dissimuler.

RIFLARD

Ah ! vous êtes si bonne !

Chut ! voilà l'ami qui s'avance.

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