‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 196 sur 389 · ACTE I, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IX

DTJHAUTCOURS.

A quatre-vingt-quinze. Il faut vous ménager, avoir soin de vous.

Vous avez raison ; mais ces choses-là donnent toujours un peu de souci.

DUHAUTCOURS.

C'est une enfance. Quoi ! parce que vous vous arrangez avec vos créanciers, vous allez vous rendre malade? Est-ce que l'on prend garde à ces misères-là aujourd'hui? Voudriez-vous paraître coupable , lorsque vous n'êtes que prévoyant?

DURVILLE

Mes billets sur Dorval ?

duhautcours, remettant des papiers et un portefeuille a Durville.

Escomptés à trois quarts. Voici les fonds.

DURVILLE

Et les cinquante mille francs, dont j'ai donné mon acceptation à monsieur Franval , ce négociant de Marseille qu'on attend à Paris.

DUHAUTCOURS.

Cinquante billets de caisse dans ce porte-feuille.

DURVILLE

Tous nos cafés , nos sucres ?

DUHAUTCOURS.

Dans les magasins de Pleinchêne ; il me devait cela : je lui ai rendu le même service.

DURVILLE

Ainsi tout est à couvert.

Ce n'est pas tout ; il vous fallait présenter un actif

a6a DUTIAUTCOURS.

qui fermât la bouche à tous les médisants. J'ai acheté à deux pour cent six cent mille francs de créances sur des négociants ruinés ; j'ai eu pour dix mille francs deux millions d'actions sur des corsaires.... qui sont à Londres à l'heure où je vous parle.

DURVILLE

En vérité! Vous êtes un homme unique.

DUHAUTCOURS.

Quelque activité, beaucoup d'habitude des affaires. J'en ai tant fait, à Berlin, à Gênes, partout; j'ai beaucoup voyagé. Il est bien entendu que je figure parmi vos créanciers.

DURVILLE

Vous ?

DUHAUTCOURS.

Je n'en serai pas moins votre agent, votre défenseur; mais cela dépayse les méchants, les curieux; et puis c'est la manière la plus loyale de prendre mes honoraires. Ah ! que ne suis-je à votre place ! Mais ne fait pas banqueroute qui veut; il faut du crédit; et que je suis fâché de ne vous avoir pas connu plus tôt ! nous aurions bien mieux réglé les choses; vous auriez fait les affaires , je vous aurais prêté mon nom ; j'aurais tout signé , vous n'auriez jamais été compromis.

DURVILLE

Mais vous , Duhautcours?

Oh! moi, cela ne tire pas à conséquence; on a , comme cela, un commis prête-nom qui signe et qui disparaît ; on a beaucoup perfectionné les différentes manières , parce que c'est si couru dans ce moment-

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