SCÈNE II
AUGUSTE, Mademoiselle DELORME.
AUGUSTE
Que vois-je? mademoiselle Delorme chez mon oncle?
MADEMOISELLE DELORME
C'est vous, monsieur Auguste?
AUGUSTE
Et que venez-vous faire ici , grand Dieu ?
MADEMOISELLE DELORME
Mon père se désole; il affecte devant moi un air tran-
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quille , mais je lis au fond de son ame. J'ai profité du moment où il est allé chercher , presque sans espoir , de nouvelles ressources , pour venir à son insu solliciter encore....
AUGUSTE
Mon oncle? Ah! je crains bien....
MADEMOISELLE DELORME
Non pas lui; je n oserais jamais l'aborder, lui parler ; mais madame Durville m'a témoigné , dans tous les temps, de l'intérêt, de l'affection : peut-être consentirait-elle à parler pour nous à son mari.
AUGUSTE
Je me garderai bien de vous détourner de ce projet; je vous seconderai même. Ma tante, je le crois, a un bon cœur ; mais elle est si légère , si frivole , toujours si occupée de sa parure, de ses plaisirs....
MADEMOISELLE DELORME
Et cependant ce n'est point une grâce si extraordinaire que nous demandons. Que dis-je? C'est l'intérêt même de monsieur Durville de nous accorder du temps. Il reste à mon père des ressources honorables et sûres dans son travail, clans son intelligence : monsieur Durville sera-t-il plus avancé en les lui enlevant? Il a des amis, d'ailleurs, monsieur Franval , un fameux négociant de Marseille.
AUGUSTE
Monsieur Franval, dites-vous?
MADEMOISELLE DELORME
C'est mon parrain , c'est notre bienfaiteur.
AUGUSTE
Mais il est en correspondance avec mon oncle; il fait beaucoup d'affaires avec monsieur Durville : c'est