ACTE II, SCENE X
M A DAME FIERVA L.
Eh! mais qu'a-t-il donc, le cher Durville ? il paraît tout soucieux ce soir.
DURVILLE
Eh ! non , mesdames , je suis tout entier au honneur de vous voir.
Vous nous dites cela d'un air bien triste. A propos, vous ne savez pas la nouvelle ; Monval manque de je ne sais combien de cent mille francs.
MADAME VALBELLE
Ah! mon Dieu!
MADAME DURVILLE
Je n'en suis pas fâchée pour sa femme.
MADAME FIERVAL
Oui, elle fait de l'esprit.
VAL MONT
Et son mari des banqueroutes ; quel couple intéressant !
MADAME VALBELLE
Bon ! cela n'empêchera pas la femme de se montrer dans tous les athénées.
MADAME FIERVAL
Et le mari à la bourse. Cela est reçu.
VALMONT
Heureusement que ces choses-là deviennent un peu plus rares. C'était une véritable épidémie.
MADAME FIERVAL
Eh! mais, mon cher Durville, vous faites bien mal les honneurs de chez vous. Seriez-vous pour quelque chose dans la banqueroute de Monval ? Quand vous y perdriez quelque argent, avec votre fortune, votre audace
en affaires, votre activité Comment trouvez-vous
ma garniture?
i86 DUHAUTCOURS.
MADAME DURVILLE
Charmante. Ces dames ont raison ; faut-il que les affaires vous poursuivent au milieu de la société?
DURVILLE
Mille pardons, me voilà tout à vous. Avez-vous vu la petite pièce nouvelle, aux Variétés?
MADAME VALBELLE
Ah ! c'est pitoyable.
MADAME FIERVAL
Mais comme c'est joué !
VALMONT
Comme c'est nature!
MADAME FIERVAL
Je ne sais pas où ils vont chercher tous leurs quolibets.
DURVILLE
Ils sont fort gais. {A part?) Ce Duhautcours , comme il se fait attendre !
VALMONT
Bon! dans la société on en dit de bien plus forts.
MADAME FIERVAL
A propos , vous allez demain à Bagatelle ; il y a une course, un pari.
MADAME DURVILLE
Oui, sans doute.
MADAME FIERVAL
Nous viendrons vous prendre.
MADAME DURVILLE
Volontiers.
VALMONT
Ces dames me permettront-elles de les accompagner?