‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 222 sur 389 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

DURVILLE, DUHAUTCOURS, Madame DURVILLE.

MADAME DURVILLE

Ah! mon ami, que viens -je d'apprendre? Est -il vrai que vous éprouviez des malheurs assez grands pour ressentir de la gêne dans vos négociations?

DURVILLE

Qu'est-ce donc? qui vous a dit....

MADAME DURVILLE

Personne ; mais j'ai cru entendre circuler des mots défavorables : on a l'air de me plaindre. La présence même de monsieur paraît redoubler les inquiétudes.

DUHAUTCOURS.

Ma présence ! En vérité , c'est trop plaisant.

durville, a DuhauLcours .

Eh bien! ma fête double-t-elle mon crédit?

DUHAUTCOURS.

Ah! le moyen commence à s'user.

MADAME DURVILLE

De grâce, rassurez -moi; quelles que soient vos infortunes , croyez que je saurai les supporter.

DURVILLE

Eh ! mais , mon Dieu ! quel éclat vous faites ! quelles alarmes! Voulez-vous chasser toute la société? Je voulais éviter cette fête. Vous avez tenu à vos idées; maintenant sachez vous contenir.

DUHAUTCOURS.

Monsieur Durville a raison; d'abord il est certain que madame n'a rien à craindre.

DURVILLE

Notre séparation de biens ne vous met -elle pas à couvert?

DUHAUTCOURS.

Si après cela monsieur Durville est forcé par des causes majeures de transiger avec ses créanciers....

MADAME DURVILLE

Transiger av.ec vos créanciers ! Eh ! mais , mon ami , c'est une faillite!

DUHAUTCOURS.

Que voulez-vous? Les débiteurs ne paient pas.

DURVILLE

Vous-même , vous m'amenez cette mademoiselle Delorme.

MADAME DURVILLE

En êtes-vous donc réduit à cette extrémité? N'estil aucun moyen de conserver votre honneur?

Mon honneur!

DUHAUTCOURS.

Croyez -vous donc qu'il soit compromis, parce que Durville est malheureux?

DURVILLE

Est-ce ma faute, si de tous cotes j'éprouve des pertes affreuses?

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