SCÈNE IL
Mesdames DUPARC, BAZIN, JACOB.
MADAME DUPARC
Eh! venez donc, venez donc; nous vous attendons avec impatience.
MADAME JACOB
Ce n'est quà l'instant que j'ai pu me procurer des éclaircissements... Tout va bien, et le témoignage de M. Bazin pourra me servir comme celui de M. Duparc. Avant d'être professeur , n'a-t-il pas fait l'éducation d'un jeune homme nommé Valmont?
MADAME BAZIN
Je crois qu'oui , et plût au ciel qu'en faisant l'éducation des autres , il eût un peu perfectionné la sienne ! non qu'il n'ait beaucoup de politesse, mais il est d'une ignorance , d'une simplicité sur toutes les convenances du inonde !
MADAME JACOB
J'ai vu Lecoq. Je suis chargée de vous inviter toutes les deux à certain bal, où il aura le talent, dit-il, de mener de front ses deux intrigues. Voulez-vous m'en croire? pour commencer , cbangez toutes les deux de caractère : vous , madame Bazin , dont le mari est si présomptueux, et qui jusqu'à présent avez peut-être vu le défaut de lui paraître trop attachée , tachez , à force de coquetterie, d'éveiller en lui quelque inquiétude; vous, madame Duparc, dont le mari est si jaloux, et qui jusqu'à présent avez paru regretter les fêtes, les bals, les spectacles, obsédez-le à votre tour d'at-