ACTE II, SCENE IL
tentions , de complaisance ; fatiguez-le pour ainsi dire à force de vertu. Ainsi madame Duparc refuse l'invitation : madame Bazin l'accepte; elle va au bal, je l'accompagne, nous y restons assez long-temps pour que son mari ne la trouve pas à son arrivée. Lecoq est toujours dans l'ignorance sur ce cher mari , et par précaution je lui ai laissé presque entendre que vous étiez veuve.
MADAME BAZIN
A quoi bon?
MADAME JACOB
Cela peut servir, j'ai mes projets.
MADAME DUPARC
Et moi à qui mon mari ce matin précisément a fait une scène affreuse où il m'a traitée de coquette, de femme frivole, inconsidérée...
MADAME JACOB
Tant mieux; il sentira d'autant plus la différence.
MADAME DUPARC
Mais Desgraviers sera là qui lui persuadera toujours que je le trompe.
MADAME JACOB
Soyez tranquille; je réserve à ce M. Desgraviers.... A propos , Lecoq voulait me charger de deux lettres ; mais il faut du temps pour composer ses épîtres. Il vous remettra lui-même la vôtre , madame Bazin; quant à vous , madame Duparc , il a trouvé pour vous envoyer son billet un moyen plus sûr que celui d'hier , m'a-t-il dit, en regardant avec complaisance un fusil et des munitions de chasse éparses sur une table.
MADAME DUPARC
Ah ! mon Dieu î il me fait trembler.
MADAME BAZIN
Et c'est cet homme-là que vous voulez que je berce d'espoir au bal?
MADAME DTJPARC.
Ciel ! voici mon mari avec Desgraviers.
MADAME JACOB
M. Desgraviers ! tout serait perdu s'il me voyait ; n'y a-t-il pas moyen de leur échapper?
MADAME DUPARC
Suivez -moi, je vais vous conduire par le petit escalier.
madame jacob, a madame Duparc.
Vous entendez bien ; grands dehors de vertu , soyez prude , bégueule , s'il le faut.(^ madame Bazin. ) Vous m'avez bien comprise, de la coquetterie, de la légèreté, grande toilette.
MADAME BAZIN
Rapportez-vous-en à moi , j'ai une robe délicieuse.
( Elles sortent toutes trois. )