‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 262 sur 389 · ACTE IV, SCENE VIL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VIL

ment vous vous obstineriez en vain; le plus sûr est de signer.

GRAFF

Ma foi , oui; je crois que vous avez raison ; je n'aime pas les procès.

( // s'approche pour signer avec Prudent y et tous deux lisent l'acte tout bas, )

DUHAUTCOURS.

Ni moi; c'est ce qui m'a fait signer le premier.

FRANVAL

Tu as beau changer de ton , hypocrite , tour à tour colère et doucereux.

DUHAUTCOURS.

Les injures ne m'ont jamais effrayé; elles ne prouvent lien que les torts de ceux qui les disent. Ces messieurs, en signant , répondent sans réplique à vos déclamations.

FRANVAL

Quelles sont ces gens -là?

DUHAUTCOURS.

Ce sont des gens qui vous valent bien. Monsieur Graff, négociant, Irlandais d'origine, qui sait ce qu'on doit au malheur, à qui il est dû, par compte arrêté, quatre - vingt - deux mille francs ; monsieur Prudent , un honnête marchand qui a le malheur d'être sourd, mais à qui il n'en est pas moins dû vingt -cinq mille trois cents francs. Qu'avez -vous à leur opposer? Voilà leurs titres. Ils sont clairs et authentiques.

FRANVAL

Je n'ai pas besoin de les regarder ; ils sont faux.

GRAFF

Faux !

Qu'est-ce à dire? ils sont faux!»

33G DUHAUTCOURS.

PRUDENT

Je n'entends pas.

FRANVAL

Oui, je le répète, ils sont faux. Ah! si ces créances étaient légitimes , ces gens - là signeraient - ils aussi tranquillement la perte de leur fortune? Leurs femmes, leurs enfants ne se seraient -ils pas présentés à leur pensée? Voyez si le moindre trouble paraît sur leur physionomie.

GR AFF

Monsieur, vous m'insultez, et je ne crois pas mériter .... Vous parlez de femme , d'enfants ; je suis garçon , et ma fortune est assez conséquente certainement pour que je sois au-dessus d'une pareille misère.

DUHAUTCOURS, CL Grqff.

Tais -toi donc.

FRANVAL

Ta fortune! Fourbe imbécille, apprends à mieux jouer ton rôle.

GR AFF

Qu'est-ce que c'est, monsieur? des propos? Sachez que je ne les aime pas. Au surplus, chacun est maître de se conduire comme il l'entend. Vous êtes créancier, je le suis aussi; vous ne voulez pas signer, j'ai signé; tant mieux pour vous ou pour moi, n'est-ce pas? Et je vous souhaite le bonjour.

(Il sort.)

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