‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 27 sur 389 · ACTE II, SCENE III. 4i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III. 4i

DUPARC

Ah! mon Dieu! qu'on est malheureux d'avoir une jolie femme!

Mon ami , cela dépend des caractères et des circonstances. Par exemple, lorsque dans un spectacle ou une promenade on remarque une belle femme , que chacun s'en va tout bas disant à son voisin, C'est la femme de monsieur un tel , vous conviendrez que c'est bien flatteur pour le mari : moi qui vous parle, j'ai éprouvé plus d'une fois cette jouissance.

DUPARC

Oui, mais les inquiétudes que donnent à un cœur délicat les poursuites , les regards , les admirations ridicules.

DESGRAVIERS.

Eh bien! j'ai éprouvé aussi ces inquiétudes.

DUPARC

Ce qui redouble mes craintes, ce sont les perpétuelles agaceries de ce Lecoq.

DESGRAVIERS.

Vous avez raison de le craindre. Je suis bien trompé si ce n'est pas lui que j'ai vu ce matin roder autour de la maison de madame Jacob, cette diseuse de bonne aventure.

DUPARC

En vérité?

DESGRAVfERS.

Cependant il n'était peut-être pas là pour le compte de votre femme.

DUPARC

Et pour le compte de qui, s'il vous plaît?

DESGRAVIERS.

Ne m'avez-vous pas dit que ce Lecoq faisait également les yeux doux à madame Bazin ?

DUPARC

Eh ! qu'importe ?

DESGRAVIERS.

C'est que votre femme n'était pas seule chez madame Jacob; madame Bazin y était aussi.

DUPARC

Celui-là mériterait bien son sort ; aller passer ses vacances sans sa femme ! la laisser seule à Paris ! Enfin il revient ce soir. Et vous dites donc que ces dames étaient ensemble ?

DESGRAVIERS.

Non pas. Chacune avait sa voiture, et elles y sont restées fort long-temps. Car, après avoir terminé mes affaires, je voulus monter, non par curiosité, mais pour avoir le plaisir de les accompagner. Pas moyen de pénétrer jusqu'à elles. Oh! ce sont de très-granHs mystères dans ces maisons-là.

DUPARC

Et vous voulez que ces mystères-là ne m'inquiètenl pas ?

DESGRAVIERS.

Je conviens que cela n'est pas fort rassurant.... Eh î \oici Bazin!

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