ACTE II, SCÈNE IV
vous me donniez l'hospitalité pour quelques instants. Il n'y a personne chez moi.
DESGRAVIERS.
Eh ! bonsoir , mon cher Bazin ; vous voilà donc de retour? Vous arrivez bien, nous parlions de vous.
DUPARC
Bonsoir, bonsoir, mon ami.
DESGRAVIERS.
Je vous trouve engraissé. Vous avez fait un bon voyage ?
BAZIN
Excellent, Dieu merci. C'est singulier , j'écris à ma femme que j'arrive ce soir, et elle est au bal, et personne chez moi.
DUPARC
Ah! voilà bien les femmes. La mienne m'a impatienté ce matin avec sa coquetterie.
BAZIN
Cela m'étonne bien un peu de la part de la mienne , qui n'a des yeux que pour son mari. Il faut qu'elle n'ait pas reçu ma lettre, car à coup sûr elle m'aurait attendu.
Ah ! oui , fiez-vous-y. Elle vous aurait attendu !
BAZIN
Cela ne laisse pas que de me contrarier. J'aurais été bien aise de revoir ma traduction des Offices de Cicéron.
DUPARC
Vous me faites penser que demain je suis rapporteur d'une affaire très - pressée , et qu'il me faut travailler ce soir; mais comment travailler quand on a une femme....
BAZIN
Il paraît que le caractère de Duparc n'a pas changé pendant mon absence.
DUPARC
Ni le vôtre, à ce qu'il me paraît; toujours confiant, toujours sûr de vous-même.
BAZIN
A votre avis, ai-je si grand tort?
duparc.
Oui, oui, votre femme s'est bien conduite pendant votre voyage !
DESGRAVIERS.
Tenez, mon cher Razin, les voyages sont quelquefois funestes aux maris.
BAZIN
Il y a des maris à qui je ne conseille pas de s'absenter; mais je suis de ces gens-là, moi, n'est-il pas vrai?
DESGRAVIERS.
Si je vous disais cependant que pendant ces deux mois votre femme est sortie tous les jours.
DUPARC
Que ce matin même elle a été consulter une devineresse.
DESGRAVIERS.
Qu'elle a été distinguée par mille galants , dont il en est un sur-tout.
DUPARC
Oui, M. Lecoq.
BAZIN
Qu'est-ce que c'est que M. Lecoq?
DESGHAVIERS.
Un libertin, un mauvais sujet , qui en veut à votre