ACTE III, SCENE X
Jean, à part.
De la curiosité, bon! {Haut.) Pardon, mademoiselle, mais je suis pressé; faites -moi parler, je vous prie , à madame Vercour.
MADEMOISELLE MALFILARD.
Un moment, dites -moi! Vous n'avez pas de lettre à lui remettre?
JEAN
Pardon , mademoiselle , mais c'est mon secret.
MADEMOISELLE MALFILARD.
Bon ! vous faites le discret avec moi ; je suis au fait. Il faut qu'elle parle seule avec cette femme, elle a du monde à déjeuner , et il ne faut pas que les personnes invitées voient cette femme ; n'est - il pas vrai ?
Diable! non, il ne faut pas. (A part.) Bon!
MADEMOISELLE MALFILARD.
Cette femme ne serait -elle pas sa mère?
JEAN
Oh! je ne dis pas. . . .
MADEMOISELLE MALFILARD.
Non, sans doute, mais cela se devine. Mais comment arranger cela ? C'est une espèce de paysanne qu'elle attend , et elle nous a fait entendre qu'elle était née dans l'opulence.
JEAN
Oh! cela n'empêche pas.
MADEMOISELLE MALFILARD.
J'entends du bruit ; attendez en bas ; j'irai vous avertir dès que madame Vercour pourra vous parler.
JEAN
Bien obligé, mademoiselle. {A part.) Une paysanne
quelle attend; je la guette, et dès qu'elle arrive je l'amène ici sur-le-champ. (Haut.) Je vous en prie, mademoiselle, n'allez dire à personne que c'est par moi que vous savez.... ce que vous savez.
MADEMOISELLE MALFILARD.
Pour qui donc me prenez-vous? Bien le bonjour, mon petit ami.
Je vous salue, mademoiselle.
(Il sort.)
MADEMOISELLE MALFILARD.
C'est le père avec sa fille. Eh ! vite , allons redire à maman tout ce que j'ai découvert.
(Elle sort.)