SCÈNE XI
LAMBERT, LAUNAY, FRÉMIN père, FRÉMIN fils.
LAUNAY
Que je vous dois d'excuses , monsieur Lambert , pour mon impertinent jokei ! c'est un enfant.
LAMBERT
Qui ne sait pas exécuter les ordres qu'on lui donne.
LAUNAY
Voilà ce que c'est. Que je m'applaudis que le hasard nous ait ainsi rassemblés! Vous le savez , j'attends à dîner des personnes de votre connaissance , l'honnête Gaulard et ses enfants.
FRÉMIN PÈRE
Ah! fort bien, il faudra un couvert de plus pour monsieur Lambert , n'est-ce pas ?
LAUNAY
Un couvert de plus? oui, monsieur Frémin. (A part. ) Oh le bourreau ! ( Haut. ) J'étais si et ourdi ce matin que je n'ai pas pensé... Le hasard me sert bien et me permet de réparer mon incivilité. ( A part.) Dans quelle maison me suis-je fourré?
FRÉMIN PÈRE
Eh bien ! monsieur , vous avez vu cet appartement ; je me flatte qu'il conviendra à vos amis.
LAUNAY
Il est superbe , sans doute , monsieur Frémin ; nous verrons , nous y songerons. Mais ne donnez - vous pas votre leçon de musique à monsieur Frémin fils?
LAMBERT
Puisque j'ai le bonheur de vous rencontrer ici , je demanderai la permission à monsieur Frémin de remettre la leçon à demain.
FRÉMIN FILS
Volontiers, volontiers; je m'en vais toujours vous donner un cachet.
LAMBERT
Non pas, s'il vous plaît; je ne veux m'occuper, avec monsieur Launay de Saint-André, que du soin de bien recevoir l'honnête famille.
Mais c'est que vous auriez le temps avant leur arrivée....
LAMBERT
Non , je n'aurais pas le temps , car il me semble que je les entends. Allons, monsieur Launay de Saint-André, disputons-nous à qui des deux fera le mieux les honneurs de Paris à ces bonnes gens. Riche, aimable, vous avez bien des avantages sur moi.