LAMBERT, LAUNAY, GEORGES, FANCHETTE
FRÉMI1N fils.
LAUNAY
Eh ! mais ; qu'a-t-il donc votre cher frère ? il paraît tout rêveur.
FANCHETTE
Ah ! dame ! il est encore tout confus. Cette madame Vercour ! c'est bien fait pour rendre un peu pensif.
FRÉMIN FILS
Comment ! est-ce qu'il serait déjà arrivé quelque aventure à ce pauvre jeune homme ? Ah ! contez-moi donc cela.
Qui? moi, monsieur! ah! puissé-je l'oublier au contraire! Je tremble que tout le monde ne sache ce qui m'est arrivé.
FRÉMIN FILS
Tant mieux, si vous faites parler de vous. Je veux vous former ; vous m'intéressez. Il n'y a qu'un Paris dans le monde : les Provinciaux nous traitent de badauds , ils vous parlent du voyage de Saint-Cloud par mer et par terre ; ils vous citent le Parisien qui demande sur quel arbre croît le blé ; tout cela est exagéré. De quel pays êtes-vous?
GEORGES
De Ligny, sur la route de Strasbourg.
FRÉMIN FILS
Ah ! oui, on passe par Orléans , par Fontainebleau,
n'est-ce pas? Ya-t-il des jolies femmes, des cabriolets, un spectacle?
LAMBERT
Allons , formez-vous mutuellement : si monsieur est neuf sur les manières de Paris , vous n'êtes pas trèsfort sur la géographie.
FRÉMIN FILS
Il est original mon maître.
LAuifAY, a Fanchette.
Laissons le cher frère causer avec ces messieurs; vous devez être fatiguée.
( // présente un fauteuil. ) fanchette, s' asseyant. Un peu.
frémin fils, a Georges.
Enfin , mon cher , il faut marquer dans Paris : ayez comme moi des chevaux , des maîtresses , donnez à dîner , jouez gros jeu , prêtez de l'argent ; quelques aventures , un duel au bois de Boulogne.
FANCHETTE
Ah ! mon Dieu ! un duel !
LAMBERT
N'ayez pas peur, mademoiselle, la plupart de ces duels-là finissent pas un déjeuner.
launay, prenant du tabac.
Oui , on est généreux, et quand on a fait ses preuves comme moi
FANCHETTE
Qu'est-ce que c'est donc que ce portrait que vous avez sur cette boîte ?
launay.
Oh! rien, mademoiselle.