ACTE II, SCÈNE VIII
MADAME DUPARC
Fatigant! Ah! Duparc, je ne m'attendais pas a ce mot clans votre bouche !
DUPARC
Pardon , pardon , ma chère Henriette , mais c'est qu'en vérité il faut que je travaille. Je suis à toi dans l'instant.
Allons, je te laisse. Tu ne tarderas pas?
DUPARC
Non.
MADAME DUPARC
B ien vrai ? •
DUPARC
Bien vrai.
MADAME DUPARC
Je fais une réflexion. La petite porte de l'escalier dérobé qui donne sur la rue n'est jamais fermée à double tour ; ce monsieur Lecoq est si entreprenant... Il y avait une sonnette autrefois qui avertissait quand quelqu'un entrait ou sortait; si tu la faisais rétablir?
DUPARC
Elle le sera dès ce soir; mais je t'en prie...
MADAME DUPARC
La belle chose qu'un tendre ménage !
DUPARC
Ah ! oui , c'est charmant.
MADAME DUPARC
Ce pauvre ami ! Et j'étais assez inconséquente pour sortir sans lui , pour lire des romans , pour ne pas porter de voile ! Ah ! comme je vais changer ! Tu verras ! tu verras ! Ah çà ! viens bien vite , songe que je t'attends.
DUPARC
Oui.
MADAME DUPARC
C'est que vraiment tu as tort de travailler comme cela le soir ; cela échauffe le sang.
DUPARC
Eh! non, non, ce qui échauffe le sang c'est la contrariété , c'est l'humeur.
MADAME DUPARC
Allons , allons , ne te fâche pas , je m'en vais.
SGÈNE IX.
DUPARC seul.
Je ne peux pas en douter; cette femme-là m'adore , elle ne peut pas me tromper. C'est gênant , cependant quelquefois, ces excès d'amour... Voilà Bazin qui revient avec Desgraviers. Il est écrit que je ne pourrai pas travailler de la soirée.