‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 381 sur 389 · GAULARD, LAMBERT · texte numérisé non relu

GAULARD, LAMBERT

Enfin, nous voilà seuls. Il me tardait qu'ils fussent partis. Mon cher ami, vous ne me connaissez que d'hier ; mais vous devez voir que je suis un bonhomme. Entre nous , j'ai une manie : quand j'ai quelque chose qui m'occupe, il faut que j'en puisse jaser avec quel- Tome TIT. 3 r

/fi-2 LES PROVINCIAUX A PARIS,

qu'un ; or c'est vous , mon cher Lambert , que je choisis pour mon confident. Vous ne devinez pas pourquoi mes enfants m'ont précédé de si long-temps dans

LAMBERT

G AU LARD

LAMBERT

ce logis ?

Non. Pourquoi?

C'est que....

C'est que....

Je suis amoureux, mon ami.

LAMBERT

Vous?

G AU LARD

Et j'ai lieu de croire que je suis aimé.

lambert, à part.

Allons, la famille toute entière a la tête frappée.

G AULARD

Et en vérité vous me voyez dans une ivresse , dans un délire ! non , je n'étais pas si content le jour que je fis ma première déclaration à ma pauvre défunte, que j'aimais pourtant de tout mon cœur.

LAMBERT

Comment, vous! monsieur Gaulai d! à votre âge!

Cela vous étonne, et moi aussi. Tant que j'ai habité mon village, ma foi, je n'y pensais plus; comme je vous disais, c'est l'air de Paris, il me rajeunit : et puis, ma foi , je ne m'attendais pas à la rencontre ceni fois heureuse....

LAMBERT

Ah! c'est une rencontre.

Page 1