ACTE III, SCENE VIL
le coq, s' avançant.
Enfin, belle dame {Apercevant Bazin.) Que
vois-je ? un homme en robe de chambre ! bazijn , se levant.
Que vois-je ? un inconnu !
LECOQ
Je ne suis pas le seul à qui elle donne des rendezvous.
BAZIN
Moi qui parlais de voleurs !
LECOQ
Mais l'on ne se moque pas de moi impunément. Que faites-vous ici , monsieur !
BAZIN
Voici du nouveau ; eh ! qu'y venez-vous faire vousmême.
Sachez que j'ai lieu d'être fort surpris de vous trouver ici , et en robe de chambre
BAZIN
Sachez que j'ai lieu d'être bien plus surpris de vous y voir vous-même, et ce ton
LECOQ
Ce ton est celui qui me convient. Et vous allez me faire le plaisir de sortir à l'instant.
BAZIN
Les menaces ne m'effraient pas.
LECOQ
Je vois que vous ne me connaissez pas; je me nomme Lecoq.
BAZIN
Lecoq ! ce n'est pas un voleur ; mais c'est bien pis.
7s LES TROIS MARIS.
LECOQ
J'ai des droits ici.
BAZIN
Des droits !
LECOQ
Oui , un rendez-vous.
Ah ! mon Dieu , serait-il bien possible !
LECOQ
Je vois que j'avais affaire à une franche coquette qui nous trompait, nous sacrifiait l'un à l'autre.
BAZIN
Monsieur, je me suis modéré tant que je ne vous ai pris que pour un voleur.
LECOQ
Un voleur!
BAZIN
Avec ces gens-là il faut filer doux ou être le plus fort; mais avec vous, monsieur, je prendrai la liberté de vous prier d'abord de sortir par où vous êtes entré sans vous le faire répéter , et demain vous me ferez raison, s'il vous plaît.
LECOQ
Volontiers. Je ne refuse jamais une partie d'honneur avec les hommes, une partie de plaisir avec les darnes; mais pour ce soir , croyez-moi , regagnez au plus vite votre logis en robe de chambre , car bien certainement ce n'est pas moi qui partirai.
( // s'assied dans un fauteuil. )
BAZIN
Insolent ! savez-vous à qui vous parlez enfin ?