‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 53 sur 389 · ACTE III, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IX

MADAME BAZIN

Pour vous , monsieur , je vous garantis incurable.

BAZIN

Allons , tu dois être en colère. Je me suis emporté; mais rends-moi justice; la jalousie est-elle mon défaut? et ne mérité-je pas mon pardon?

MADAME BAZIN

Ah ! votre colère n'a pas duré long-temps.

BAZIN

N'est-ce pas? J'aurais bien voulu voir Duparc tout à l'heure à ma place ; eh bien ! quand il était garçon , c'était le plus grand libertin , le plus grand railleur sur les maris trompés. C'est ainsi que les fripons , dès qu'ils se sont faits propriétaires , crient plus haut que les honnêtes gens au respect des propriétés... Ah ça ! crois-tu que madame Duparc soit vraiment attachée à son mari?

MADAME BAZIN

Oui , oui , madame Duparc , comme toutes les femmes, aime cent fois plus son mari qu'il ne le mérite ; que dis-je ? n'a-t-elle pas raison ? et cet homme délicat, susceptible, jaloux même, si vous voulez, ne mérite-t-il pas plus d'amour que vous , époux froid , insensible , présomptueux , orgueilleux ? Agréer les excuses de ce Lecoq , lui en faire vous-même, le reconduire, l'éclairer poliment! oh! en vérité, cela est trop fort !

BAZIN

Doucement, doucement donc, ma chère amie , tu t'emportes. (On entend le carillon d'une forte sonnette.) Eh bien! qu'est-ce que c'est donc que cela?

MADAME BAZIN

Ce que c'est? c'est la précaution innocente d'une

femme bien plus heureuse que la votre; car il m'est bien prouvé , sur-tout après la scène qui vient de se passer, que jamais vous ne m'avez aimée.

( Elle sort. )

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