SCÈNE V
BAZIN, Madame JACOB.
bazin, a part.
Elle est piquée ; c'est toujours l'aventure d'hier au soir. Oh! elle reviendra.
MADAME JACOB, CL part.
Voyons venir notre homme , et tâchons de le bien amener au point que nous désirons.
bazin, a part.
Allons , pour satisfaire ce pauvre Duparc , tâchons un peu de savoir quelle est cette femme.
MADAME JACOB
Vous devez vous trouver bien heureux , monsieur Bazin , d'avoir une femme aussi aimable ?
BAZIN
Très-heureux : mais pardon , c'est la première fois que j'ai le plaisir de vous voir. A qui donc , s'il vous plaît , ai-je l'honneur de parler ?
MADAME JACOB
Je suis madame Jacob, assez connue dans Paris.
BAZIN
Cette madame Jacob chez qui ma femme s est rendue hier matin ?
MADAME JACOB
Précisément.
BAZIN
Et vous êtes venue
MADAME JACOB
Rendre compte à madame du résultat de mes opérations.
BAZIN
Diable ! mais c'est sérieux.
MADAME JACOB
Monsieur ne croit pas à la chiromancie ?
BAZIN
Pardonnez-moi , madame , j'y crois.
MADAME JACOB
Les hommes doutent, et se moquent de notre art.
BAZIN
Les femmes vous rendent plus de justice.
MADAME JACOB
Ont-elles tort ? Demandez à votre épouse ; en un instant j'ai deviné tous ses secrets; et elle a été frappée de voir toutes mes révélations conformes à un certain journal de toutes ses actions.
BAZIN
Ah ! oui ; c'est moi qui lui ai conseillé de tenir ce journal.
MADAME JACOB
Excellente, précaution !
BAZIN
Vous me faites penser qu'il y a long-temps que je ne lui en ai demandé communication.