‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 97 sur 389 · ACTE I, SCENE III. i3g · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III. i3g

DESROCHES

Et qui coule ensuite clans cette belle prairie.

DEL IL LE

Et cette épaisse forêt qui la couvre des vents froids et de Ta qui Ion ?

DESROCHES

La nature semble avoir pris plaisir à embellir, à protéger cette petite ville ; c'est peut-être là que se trouve le bonheur.

DELTLLE.

Bon , ne voilà-t-il pas l'enthousiasme qui te prend ! En vérité, mon pauvre ami, tu es un singulier original: la moindre contrariété te met en fureur ; et , aussi prompt à te calmer qu'à l'emporter , tu t'enflammes pour le premier objet

DESROCHES

J'ai eu tort , n'est-ce pas , de rompre sur-le-chainp mon hymen avec ta chère cousine , cette veuve ingrate , madame Belmont , que je m'en veux d'aimer encore , et de fuir pour m'arracher à cet indigne amour!

DELILLE

Ce ne serait pas le premier tort que tu aurais eu,

DESROCHES

Ne l'ai-je pas vue dans cette fête que j'ai eu la sottise de lui donner la veille du jour arrêté pour notre contrat, accueillir, traiter familièrement un inconnu, un jeune officier ? Ne l'ai-je pas surprise en grande conversation tête à tête avec ce même jeune homme ?

DELILLE

Je ne vois là que des apparences qui peuvent être trompeuses. Fortune, beauté, excellent caractère, ma cousine réunit tout; "et tu pars comme un fou, sans

i4o LA PETITE VILLE.

rien approfondir, sans lui demander quel était ce jeune militaire.

DESROCPIES.

C'est que j'étais éclairé par mes premières aventures. Des intrigants, des fripons, des joueurs, des coquettes et des prudes, voilà ce Paris que j'abandonne, et loin duquel je veux aller chercher des vertus et le bonheur.

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