‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 98 sur 389 · J)E LILLE · texte numérisé non relu

J)E LILLE

Si tu cours après ces objets , tu voyageras longtemps. Non que je prétende qu'ils n'existent nulle part; mais tu changes de façon de penser avec tant de rapidité! Ce qui te plaît aujourd'hui, à coup sûr demain sera l'objet de ta satire. Jeune , riche , maître de tes actions, tu étais né pour être heureux avec cette chère parente, que je me plais à ne pas croire aussi coupable. Je t'ai vu admirateur de Paris , étonné qu'on pût le quitter un instant ; et maintenant tu voyages sans autre but que de t'en éloigner. Tu pars sans dire adieu à tes amis ; tu me proposes de te suivre , je t'accompagne, mais sans jurer comme toi de ne plus revoir ce Paris où j'ai été trompé comme un autre , où j'ai rencontré aussi des fourbes et des coquettes , mais contre lequel je n'ai pas pris d'humeur pour cela, parce que je sais qu'il y en a par-tout comme à Paris.

DESROCHES

Oh! c'est un peu fort. Écoute : je ne veux pas m'ériger en défenseur langoureux des plaisirs et de la vie champêtre ; mais , par exemple , dans cette petite ville dont nous admirions tout à l'heure la situation pittoresque, peux-tu croire qu'il y ait autant de corruption , autant d'intrigue et de mensonge qu'à Pari*?

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