GERVAIS, JAVOTTE
j a v o t t e , apportant du vin .
Voilà ce que vous avez demandé.
GERVAIS
Remportez, remportez, je n'ons plus soif.
JAVOTTE
Vous vouliez vous rafraîchir. C'est d'excellent vin du pays.
GERVA.IS.
Ce serait du Champagne, je n'en boirais pas. Ces gens qui viennent de sortir , ils se disent marchands !
JAVOTTE
Voilà leurs malles.
GERVAIS
Tout cela! Ils auront volé quelque coche.
JAVOTTE
Qu'est-ce que vous dites donc ?
GERVAIS
Eh! vite, vite, conduisez-moi chez le juge.
JAVOTTE
Je ne peux pas quitter; mais la quatrième porte cochère dans la rue, en descendant.
GERVAIS
J'y cours.
JAVOTTE
Il est en campagne ; mais vous trouverez son greffier ; un vieux ci-devant procureur-fiscal qui soupire depuis trois ans après un procès criminel.
i32 LES COMEDIENS AMBULANTS.
GERVAIS
Oui-dà. Voilà de quoi le contenter.
J AVOTTE.
Et qu'allez-vous donc faire?
GERVAIS
Ma déclaration.
J AVOTTE.
Sur qui ?
GERVAIS
Sur ces prétendus marchands.
JAVOTTE
Et qui sont- ils donc en effet ?
GERVAIS
Des voleurs.
JAVOTTE
Ah! mon Dieu! mais êtes- vous bien sûr....
GERVAIS
Je les ons vus ! dans la forêt ! Ah ! mon Dieu ! mon Dieu ! c'était bien la peine que mon oncle mourût , si ce sont ces gens-là qui doivent recueillir sa succession.
( II sort. )
JAVOTTE seule.
Qu'est-ce qu'il dit donc ? tout mon sang se fige. Des voleurs! En effet, on dit qu'il existe une caverne dans la forêt ; ils ont volé un coche , dit-il ; la diligence d'Amboise peut-être, qu'on attendait hier, et qui n'est pas arrivée.