‹ ŒuvresChapitre 107 sur 345 · BERTRAND, JAVOTTE · texte numérisé non relu

BERTRAND, JAVOTTE

JAVOTTE

C'est toi, Bertrand. D'où viens-tu donc?

BERTRAND

De conduire ces marchands à l'église des Capucins.

JAVOTTE

Eh ! qu'est-ce qu'ils en veulent faire ?

BERTRAND

Des magasins.

JAVOTTE

A ce qu'ils disent. Sais-tu ce que c'est que ces genslà ?

BERTRAND

Non ; mais je m'en doute à-peu-près , à certains propos.

JAVOTTE

Quels propos?

BERTRAND

Deux d'entre eux se sont reculés au fond de l'église ; et puis , s'avançant à pas comptés , l'un d'eux a dit à l'autre d'un air tout ébahi , en tournant les bras :

Quoi! sans être attendu, vous dans cette province? L'autre , en lui serrant la main , a répondu : Il est trop vrai, tu vois ton déplorable prince.

Moi, je n'ai pas fait semblant d'entendre; mais je conclus que ce sont de grands seigneurs étrangers.

i34 LES COMEDIENS AMBULANTS.

JAVOTTE

Oui , de grands seigneurs qui voyagent à pied !

BERTRAND

Incognito.

JAVOTTE

Ils se cachent bien, en ce cas-là : ils ont dit cela pour t'attraper. Ce sont des voleurs.

BERTRAND

Pas possible.

JAVOTTE

C'est sûr. Ils ont pillé la diligence d'Amboise; ils sont plus de deux cents dans la forêt; ils assomment les garçons, ils emmènent les filles. Ce voyageur est allé faire sa déclaration. Il les a vus , il les a pris sur le fait.

BERTRAND

Allons donc.

JAVOTTE

Tiens, voilà le greffier du juge de paix qui vient sur la déclaration du voyageur qui l'accompagne.

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