ACTE II, SCENE V11I. i
dans la forêt une bande de voleurs. Un voyageur, un maquignon, à qui ils ont enlevé sa valise, n'est-il pas venu me faire sa déclaration ; j'ai pris la note bien exacte, bien circonstanciée de tous les objets renfermés dans ladite valise, je la porte sur moi; la voici,
parce que s'il se trouvait quelque complicité vous
comprenez.
JAVOTTE
Ce sont nos gens qui auront fait ce coup-là.
LE GREFFIER
Mais quoi! je ne puis croire qu'ils aient eu l'audace de venir se loger dans la ville.
JAVOTTE
Ah! bien oui. Ce sont bien ces gens-là qui manquent d'audace.
LE GREFFIER
Comment donc ! Mais les faits sont graves. ( En ouvrant son écritoire. ) Voici donc enfin une affaire où je pourrai me signaler. Ce qui m'afflige , c'est qu'il faudra renvoyer le tout au tribunal criminel du département ; mais j'aurai du moins la douceur de dresser le premier procès- verbal.
RERTRAND.
Prenez garde , point de précipitation ; moi , j'ai lieu de soupçonner que ce sont des princes étrangers qui voyagent incognito.
GERVA1S.
Des princes!
JAVOTTE
Eh ! tais-toi donc. Il ne sait ce qu'il dit.
LE GREFFIER
Et oui , des princes! dont il est bon de s'assurer. Je
i36 LES COMÉDIENS AMBULANTS, m'y connais un peu mieux que vous , mon ami Bertrand.
BERTRAND
Allons , je le veux bien.