‹ ŒuvresChapitre 126 sur 345 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

DABLANVILLE, JUSTINE.

dablanville , en retenant Justine qui allait suivre madame Sain t - Alard.

Deux mots.

JUSTINE

Ah ! ne m'arrêtez pas , Car nous avons déjà ce soir tant d'embarras.

DABLANVILLE.

Oui, je sais, vous avez un nouveau locataire.

JUSTINE

Ils sont bien trois vraiment, et la sœur et le frère, Et puis leur jeune ami Térigni.

DABLANVILLE.

Qui , dit-on , Est riche...

JUSTINE

Il doit avoir un jour un million , Et voilà ce qui rend madame si contente : Vous savez que je suis ici la gouvernante ; Je vois ce qui se fait, j'entends ce qui se dit; On devine le reste avec un peu d'esprit. Sur ce jeune homme à peine arrivé de voyage On a des projets.

DABLANVILLE.

Bon!

JUSTINE

Projets de mariage.

DABLANVILLE.

Oui-dàr

JUSTINE

Mademoiselle a bien près de vingt ans.

DABLANVILLE.

Déjà!

JUSTINE

De l'établir je pense qu'il est temps ; Sans vouloir parler mal ici de ma maîtresse , Et la mère et la fille ont du tact, de l'adresse : Ce jeune homme d'ailleurs est si neuf, est si bon... Pourvu qu'entre les mains de quelque adroit fripon Il n'aille pas tomber.

DABLAIVVILLE.

Ce serait bien dommage.

JUSTINE

N'est-ce pas '.'

DABLANVILLE.

C'est qu'il a beaucoup d'argent , je gage ?

JUSTINE

Sa mère l'idolâtre.

D ABLANVILLE.

Et tant qu'il en voudra La bonne femme ici sans doute en enverra.

JUSTINE

Et comme il est d'ailleurs d'une jeunesse extrême . On vous le mènera!... Mais le voici lui-même, Lcà, n'a-t-il pas bon air dans son nouvel habit? N'allez pas répéter ce que je vous ai dit.

DABLAN VILLE.

Fi donc !

JUSTINE

Quoique fort douce au fond dans mes critiques .

Page 1