TÉRIGNI, EN HABIT PLUS ÉLÉGANT
DABLANVILLE.
dablanville, se retournant après ces derniers mots
a Justine, et se trouvant en face de Térigni. Au jeune Térigni je crois que j'ai l'honneur De parler?
TÉRIGNI.
A lui-même.
Ah! quelle jouissance Pour moi de pouvoir faire avec vous connaissance !
TÉRIGNI.
Avec moi! Je ne sais par où j'ai mérité...
DABLANVILLE.
Par où ? Combien de gens déjà nous ont vanté Ce jeune homme charmant, plein d'esprit, sûr de plaire. De tout le monde aimé , comme il l'est de sa mère. Jeune homme, votre nom vous avait devancé.
TÉRIGNI.
Je ne me croyais pas de la sorte annoncé ; Mais enfin à qui dois-je un si flatteur éloge?
DABLANVILLE.
Je suis l'un des amis de celle qui vous loge,
Madame Saint-Alard; elle m'aime vraiment, Et m'en donnait la preuve encor dans le moment. J'ai connu votre père aussi ; de Dablanville Tl vous a parlé?
TÉRIGNI.
Non.
DABLANVILLE.
Fixé dans cette ville , Je l'ai perdu de vue , et non pas oublié , Et son fils a des droits sûrs à mon amitié.
Croyez....
DABLANVILLE.
Mais cet habit un peu plus que modeste Vous surprend. Vous voyez un exemple funeste Des revers attachés aux cœurs trop généreux. Je suis pauvre aujourd'hui, jadis je fus heureux : Des fourbes, des ingrats m'ont rendu leur victime, Et que me reste-t-il? rien, que ma propre estime.
TÉRIGNI.
C'est quelque chose encor.
DABLANVILLE.
Cela ne suffit pas.
TÉRIGNI.
Vous avez rencontré des fourbes?
DABLANVILLE.
Ici-bas On en trouve par-tout.
TÉRIGNI.
Vous fûtes bien à plaindre Alors ?
DABLANVILLE.
Ah! j'en réponds.