ACTE I, SCENE VIII. i
TÉRIGM.
Ne dois-je pas les craindre , Moi , tout neuf dans ce monde , et facile à tromper?
DAELANVI ILE.
Il en est peu vraiment qui puissent échapper; H-est tant de fripons dans cette grande ville : Mais vous avez sans doute un ami sage , habile , Qui saura vous sauver de ces pièges nombreux ?
TÉRIGIVI.
Non. Qu'un pareil ami me serait précieux !
DABLAV VILLE.
Mais les gens avec qui vous fîtes le vovage ?
térigxi.
Qui? Fabrice et sa sœur? Nous .sommes du même Age, Et de leçons tous deux ont besoin comme moi.
DAELAXVILLE.
Vous avez à Paris d'autres amis , je croi ?
TÉRIGHX
Madame Saint-Alard, leur estimable tante.
DABLANVILLE.
Bonne femme, à coup sûr.
TÉRIGV I.
Dont la fille est charmante.
DAIiLAXVILLE.
Oui; mais ce n'est pas là ce qu'il faut tout-à-fait; C'est sans instruction , frivole , peu discret.
TÉRIGIVI.
"\ ous croyez ? Mais Clermont vous est connu peut-être ?
DAIiLA.WILLE.
Non.
TÉRIGIN' I.
Un géomètre.
i74 L'ENTREE DANS LE MONDE.
DABLANVILLE.
Ah!
TÉRIGNI.
Qu'on m'a donné pour maître.
Son nom jusques à vous doit être parvenu ; Mon père l'aimait fort.
DABLANVILLE.
Ce nom-là m'est connu, En effet. Oui vraiment. Un grand fonds de science; Mais des hommes, du monde a-t-il l'expérience? Un savant est-il bien ce qu'il faut maintenant ? C'est plutôt un ami raisonnable, indulgent.
TÉRIGNI.
Oh! Clermont est bien loin de la pédanterie.
DABLANVILLE.
Comment ?
TÉRIGNI.
Il a servi long-temps dans le génie.
DABLANVILLE.
Justement, à la fois militaire et savant, Estimable à coup sûr; mais est-il au courant Des usages , des mœurs ?
TÉRIGNI.
On vante sa franchise.
DABLANVILLE.
Vertu qui nous expose à plus d'une sottise.
TÉRIGNI.
Où trouver cet ami prévenant , éclairé ?
DABLANVILLE.
Je ne sais; dès long-temps du monde retiré... Je ne puis... Il est vrai que, malgré ma misère, Plus d'un digne homme encor m'aime et me considère ; Que vingt maisons pour vous vont s'ouvrir à ma voix: