DAB LAN VILLE
Nous irons promener demain à Bagatelle ; C'est des chevaux anglais le rendez-vous fidèle : Vous aimez la musique?
TÉRIGNI.
Oui , beaucoup.
A Feydeau Je veux vous faire voir cet opéra nouveau.
TÉRIGNI.
Les vers ont toujours fait le charme de ma vie ; J'ai même en ce moment un plan de tragédie.
DABLANVILLE.
De tous nos jeunes gens ordinaire début.
J'ai des amis discrets, connaisseurs, s'il en fut ,
Te vous présenterai....
TÉRIGNI.
Vous me rendrez service :
Moi , je veux vous lier avec le cher Fabrice ; C'est mon ami.
DABLANVILLE.
Dès-lors il est le mien déjà.
TÉRIGNI.
Je vois que dans Paris rien ne me manquera. Madame Saint- Alard et sa charmante fille Sont aimables au moins. D'esprit elle pétille Cette chère Aglaé ; ne le trouvez-vous pas ?
DABLAîfviLLE, avec beaucoup d'apprêt.
Cette maison pour vous a donc bien des appas ?
TÉRIGNI.
Oui, sans doute.
Pour vous sur-tout je la regrette.
TÉRIGNI.
Quoi ! vous la quitteriez ?
DABLANVILLE-
C'est une affaire faite.
TÉRIGNI.
Et c'est au moment même où nous nous connaissons Qu'il faut nous séparer.
DABLANVILLE.
Oh ! nous nous reverrons.
TÉRIGNI.
Songez qu'à chaque pas vous m'êtes nécessaire.
DABLANVILLE.
Il n'est rien que pour vous je ne sois prêt à faire. Mais je n'avais ici qu'une chambre du haut. Ce logement n'est pas du tout ce qu'il me faut;