SCÈNE VIL
DABLANVILLE, TÉRIGNI, FABRICE.
térigni , allant au-devant de Fabrice.
C'est toi ; tu vois l'ami de ta tante et le mien ; Un homme avec lequel je te réponds d'avance Que tu seras charmé de faire connaissance.
( A Dablanville. ) Entre nous deux vos soins peuvent se partager.
DABLANVILLE.
Il suffit que cela puisse vous obliger.
TÉRIGNI.
Tu ne peux pas encor t'imaginer, Fabrice, Combien un tel ami peut nous rendre service ; C'est un homme formé par lâge et le malheur, Bien fait par son esprit, par son excellent cœur, Son savoir éminent , sa -sagesse profonde , Pour guider un jeune homme arrivant dans le monde.
FABRICE
Et comment tant d'esprit, de vertu, de talent Se trouvent-ils connus par toi dans un instant?
DABLANVILLE.
Par excès d'amitié ce jeune homme nie flatte; Je vois avec plaisir qu'il n'a pas l'ame ingrate.
FABRICE
Et comment par les nœuds d'une étroite amitié Avec lui tout-à-coup vous trouvez-vous lié ?
Si par de longs chagrins mon humeur est aigrie. Mon cœur est jeune encor. C'est une sympathie
Que je ne conçois pas, qui soudain m'a séduit; Le même attrait vers moi l'avait déjà conduit, Et c'est le fondement d'une amitié durable.
FABRICE
Quoi! pour un inconnu.... que je crois estimable,
Se prendre tout-à-coup de belle passion !
Mais chaque mot ajoute à ma confusion :
De ce pays , bon Dieu , que les mœurs sont étranges!
dablanville, un peu piqué.
Je ne demande pas, jeune homme, vos louanges; Mais soyez moins léger à condamner les gens , Sur-tout ceux que leur âge a dû rendre prudents ; Du monde voulez-vous bannir la confiance ?