SCENE I
TÉRIGNI, DABLANVILLE, FAVEL, DERLANGE.
DERLAÎfGE.
Il faut absolument que nous dînions ensemble.
FAVEL
Oui, célébrons gaîment le jour qui nous assemble.
TÉRIGNI.
Mais le puis-je? à Paris d'hier soir arrivé, A mes hôtes ce jour doit être réservé.
F VVEL.
Pourquoi donc ? Loin de nous l'étiquette et la gêne.
DERLANGE.
Rien de plus naturel ; un ami vous entraîne.
DABLANVILLE.
Ces dames ont le temps de vous voir en effet : De votre promenade êtes-vous satisfait ?
TERIGNI.
Ce que j'ai déjà vu me transporte , m'enivre !
FAVEL
Gresset l'a dit ; ce n'est qu'à Paris qu'on peut vivre.
DERLANGE.
Vous n'imaginez pas ce qui vous reste à voir.
FAVEL
C'est qu'ici le matin n'est rien auprès du soir.
2i6 L'ENTREE DANS LE MONDE.
derlange , frappant sur V épaule de Dablanville. Votre plus grand bonheur c'est de l'avoir pour guide.
F AVEL.
C'est l'homme qu'il vous faut.
DERLANGE.
Souple, alerte, intrépide.
Il se glisse par-tout.
F AVEL.
Avec quel agrément Il fait à ses amis dépenser leur argent.
DABLANVILLE.
J'ai mérité peut-être une telle louange En vous faisant connaître et Favel et Derlange. Derlange est plein d'honneur , Favel est plein de goût : Vous voyez qu'avec eux on peut aller à tout.
TÉRIGNI.
Dans ce café brillant où tous deux nous les vîmes Mon bonheur me guida.
DABLANVILLE.
Tous deux sont mes intimes.
DERLANGE.
Vous ne connaissez pas le journal de Favel ?
Non.
DERLANGE.
Il est pétillant de malice et de sel.
favel, remerciant en se rengorgeant.
Ah!
Ah
DABLANVILLE.
Le plus grand talent pour rédiger des notes. favel, se rengorgeant.