SCÈNE XIV
FABRICE, SOPHIE
sophie, arrivant au moment ou Térigni quitte le théâtre.
N'est-ce pas Térigni que Dablanville entraîne ?
Lui-même , qui le suit , ma sœur , sans nulle peine.
SOPHIE
J'apprends au même instant son retour et le tien.
FABRICE
Ah! ma sœur, c'en est fait; de lui n'attends plus rien.
C'est en m'injuriant qu'en ces lieux il me laisse ;
Il ose m'accuser dune fausse tendresse ,
Il ne veut plus , dit-il , que nous le dominions ,
Et Dablanville seul règle ses actions.
Est-ce bien Térigni qu'ici je viens d'entendre?
SOPHIE
Non , non , ce n'est plus lui ; ton ami le plus tendre , Tu l'as perdu, mon frère, et moi, ... moi j'ai perdu Tout espoir de bonheur! dis, le reconnais-tu? Depuis hier qu'il est dans ce pavs funeste, Et dans cette maison sur-tout que je déteste : Mais pourquoi l'intrigant Téloigne-t-il de nous ?
FABRICE
Je ne sais , il parlait d'une mère en courroux , De devoirs à remplir.
SOPHIE
Serait-il bien possible ?
Ma cousine, avec lui , jouant le cœur sensible .
a56 L'ENTREE DANS LE MONDE.
L'aurait séduit au point.... Ah! si je le croyais, Sans égard , sans pitié , je la démasquerais : C'est que tu ne sais pas les propos de nia tante ; Je sens que de dépit je deviendrais méchante.