ACTE II, SCENE VI
DERVILLE
Tu es bien aimable, et il te sied de vanter ton amitié pour les gens, quand tu les oublies.
P AVARE T
Ah! capitaine Derville, je ne crois pas mériter ce reproche ; mais au fait , de quoi s'agit - il ? Ton affaire est encore plus simple que celle que je vais plaider : la nièce est pour toi, elle refusera; l'oncle insistera, pressera, se fâchera, et puis cédera; c'est la marche.
DERVILLE
Eh! non, il est obstiné. Point d'autre moyen que de le dégoûter de ce futur, de ce collatéral, de ce Lasaussaye , qui n'a d'autre avantage sur moi , auprès du médecin , que cet immense héritage.
PAVARET.
Oui-dà ! Si nous faisions naître des chicanes sur cel héritage! Loin de moi les chicanes en procès; mais en intrigue d'amour!... Si nous supposions quelque arrière - neveu , quelque petif cousin, qui aurait des droits à la succession ?
DERVILLE
Cela ne serait peut-être pas si mal.
PAVARET.
Mais il faudrait le voir , ce Lasaussaye ; car nous le connaissons sans le connaître : il faisait si noir quand il est monté en voiture.
DERVILLE
Et il faudrait que ces malheureux chevaux, après lesquels jure le conducteur , retardassent encore de quelques instants.
38o LE COLLATÉRAL.