ACTE III, SCENE X. 4i
LASAUSSAYE.
Mon oncle a fait la cour en Amérique à une jeune personne charmante.
PAVARET.
Une Espagnole, Dona....
LASAUSSAYE.
Thérésina Velascos.
PAV4RET.
Thérésina Velascos, précisément. Il ne l'a puépousée...
Mais il lui avait fait une promesse de mariage.
PAVARET.
Il en a eu un enfant.
LASAUSSAYE.
Unique, qui doit avoir à présent... vingt-deux ans.
PAVARET.
Justement, l'âge de mon client.
DERVILLE
Par conséquent , nous n'aurons pas de procès.
LASAUSSAYE.
Ah! mon Dieu! non ; il ne peut pas y avoir matière à procès.
PAVARET.
Je ne vous le conseillerais pas.
MOIfTRICHARD.
Ah çà, vous avez donc trouvé dans la correspondance quelques lettres?....
LASAUSSAYE.
J'ai trouvé mieux que cela.
PAVARET.
Et quoi donc?
LASAUSSAYE.
L'acte de naissance de l'enfant.
4i6 LE COLLATERAL.
Ah! ah!
LAS AUSS AYE.
Je l'ai pris avec moi pour vous en faire part; le voici.
PAVARET.
Et cet acte prouve jusqu'à l'évidence....
LAS AUSS AYE.
Que l'enfant... est une fille.
M ONTRICHARD.
Oh ! Oh !
Une fille !
DERVILLE
PAVARET.
Une fille !
lasaussaye, lui donnant r acte.
Oui, oui , une fille. Tenez , lisez, docteur. Ah! vous voilà bien déconcertés !
derville, a Pavaret.
Tu vois à quoi tu m'exposes !
pavaret ,fort en colère , a De/ville.
Monsieur , que veut dire ceci , s'il vous plaît ? Que signifie le personnage que vous faites jouer à un galant homme comme moi , devant des personnes aussi recommandables que ces messieurs .J Comment! quoi ?... En voici bien d'un autre , à présent.
MONTRICHARD
Quel singulier ton il prend avec son camarade !
lasaussaye.
Prétendrait-il nous faire croire qu'il ne s'entendait pas avec lui ?