ACTE II, SCENE XL
DORLis*
Je ne le puis Je n'ose.
florimoiv , d'un ton burlesquement tragique. Et moi je le devine : il aime celle que je viens épouser.
MADiME DERCOUR.
Se pourrait- il?
DORLIS.
Je n'ai plus rien à dire.
florimo^v, sur le même ton.
Je te reconnais, fatal amour, toi qui divisas tant de fois les meilleurs amis !
DORLIS.
Voilà huit jours que je suis dans cette ville ; dès le premier soir je vis votre aimable fille. Sa vue seule alluma dans mon cœur une passion qui ne s'éteindra jamais; je vous suivais par-tout, sans oser vous parler, quand ce matin un hasard favorable me procura l'occasion de vous rendre un léger service. Déjà j'osais concevoir quelque espérance : hélas ! elle a peu duré.
MADAME DERCOUR.
Vous ne sauriez croire combien il m'en coûte d'être obligée de vous affliger à l'instant même où
FLORIMON, toujours ck '(iamClilt.
Que dites-vous, madame? me croyez-vous incapable d'un mouvement généreux?
madame dercour, étonnée.
Mais vous-même , que dites-vous ?
FLORIMOW.
Quel est donc le fatal destin qui me poursuit? Eh quoi! j'arrive ici pour faire le malheur de mon meilleur ami , de mon libérateur ! Non , non , ma vertu saura surmonter mon intérêt personnel.