‹ ŒuvresChapitre 51 sur 345 · ACTE II, SCENE XVI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE XVI

j A votte , approchait t une table.

Voilà tout ce qu'il vous faut.

JOLIVET

Ahî pardon, je ne voyais pas.... nous commençons à avoir la vue un peu basse ; je ne suis pas d'hier. {Il met ses lunettes, tire son canif et taille sa plume.) J'ai vu mademoiselle pas plus haute que cela, et voilà qu'on songe à la marier. Comme cela nous chasse ! c'est que j'étais fort lié avec le pauvre défunt votre père.

FLORIMON.

Je le crois; mais de grâce occupez-vous du contrat.

DORLIS.

Oui , du contrat , voilà le plus pressé.

Encore peut-être me donnerez-vous le temps de tailler ma plume ?

FLORIMON.

Il n'est pas nécessaire que cela soit si bien écrit.

JOLIVET

Est-ce pour le style ou pour l'écriture que vous parlez ?

FLORIMON.

Pour l'un comme pour l'autre.

JOLIVET

Je vous prie de croire que je suis très-capable...

MADAME DERCOUR.

Eh ! de grâce, mon voisin, ne vous fâchez pas.

JOLIVET

Non ; mais c'est que ce jeune homme prend un ton.... Ce n'est pas lui qui se marie, je crois?

DORLIS.

Non; mais c'est moi, et je vous prie de vouloir bien seconder mon impatience.

Go LE VOYAGE INTERROMPU.

JOLIVET

Oh ! voilà comme sont les jeunes gens ; toujours pressés : doucement , doucement, jeune homme, nous arriverons.

dorlis, a part. Oh! je suis au supplice.

FLORiMOif, a part.

Oh! quel impertinent bavard?

JOLIVET

Vous entendez bien que dans une affaire aussi délicate, aussi importante, aussi essentielle (carie mariage n'est pas une plaisanterie ) , il faut examiner , peser, discuter les convenances et les intérêts réciproques des deux parties.

DORLIS.

Eh! point du tout, oubliez les miens pour ne songer qu'à ceux de mademoiselle. Ce que je puis avoir, ce que je puis espérer, tout est à elle, et je ne demande absolument rien à madame que la main de son adorable fille.

JOLIVET

C'est fort généreux.... c'est on ne peut pas plus généreux; j'ai fait bien des contrats de mariage en ma vie, je n'ai jamais rien vu de semblable. Ah ! si fait , pardonnez-moi ; en soixante-dix-neuf, c'était la première année que je me trouvais en charge , Pierre- Guillaume de Ronlieu, régisseur du château de Bellegarde , fit un trait magnifique.... (// se lève.) Je n'y saurais penser sans répandre des larmes ; oh! c'est une histoire fort attendrissante, elle n'est pas longue. Ecoutez.

dorlis, à part.

Où nous sommes-nous fourrés?

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