SCENE I
LA MORTILLIÈRE, VICTOR.
Victor , paraissant le premier et appelant La Mor~ tilliere.
Par ici , par ici.
la MORTILLIÈRE , Jatigué et se traînant avec peine. Ouf! je n'en puis plus; où diable me conduisezvous ?
VICt»OR.
Nous y voilà tout à l'heure.
Quels maudits chemins m'avez-vous fait prendre ? Voilà deux heures que nous sommes en route.
VICTOR
Eh bien ! ce n'est pas trop !
LA MORTILLIÈRE.
Comment, pas trop!
VICTOR
Eh ! non sans doute , après tous les détours qu'il nous a fallu faire. Moi , je vous faisais prendre du côté du
7o LE VOYAGE INTERROMPU.
petit ruisseau, parce que c'est le plus court, quand on peut le passera sec; je n'avais pas pensé que les dernières pluies l'avaient grossi , et nous avons été forcés de retourner sur nos pas.
LA MORTILLIÈRE.
A travers des marais , des prairies et des chemins exécrables. Quand vous l'auriez fait exprès
VICTOR
Je n'aurais pas fait mieux , n'est-il pas vrai ? mais enfin , c'est un petit malheur.
LA MORTILLIÈRE.
Et Bernard, mon domestique, que j'avais chargé de ma valise, je ne le vois pas!
VICTOR
Quelque ame charitable lui aura sans doute indiqué la maison, et vos effets sont en sûreté.
LA MORTILLIÈRE.
Mais arrivons-nous enfin ?
VICTOR
Dans l'instant. ( A partPj Je "ne sais plus qu'en faire a présent.
LA MORTILLIÈRE.
Nous voici hors la ville , dans la campagne ; je ne vois plus de maisons.
VICTOR
Pardonnez-moi, en voilà encore une.
LA MORTILLIÈRE.
Eh bien ! est-ce là que demeure madame Dercour ?
victor, fort embarrassé.
Madame Dercour!.... Oui, c'est là. {A part.) Sauvons-nous bien vite.