‹ ŒuvresChapitre 71 sur 345 · ACTE III, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VIII

MADAME DUFOUR

Ces jeunes gens ! comme ils vous attrapent !

LA MORTILLIÈRE.

Ah ! je le savais bien , moi !

FLORIMON.

Eh bien, quoi! madame, c'est la vérité. Mais parce que je vous ai trompée , il n'en est pas moins vrai que Dorlis est jeune, riche, aimable, plein de talents.

Que ce matin il vous a généreusement rendu service.

SOPHIE

L'aveu même qu'il vient de faire prouve sa franchise et sa loyauté.

VICTOR

Et vous , cher La Mortillière , vous obstinez-vous à épouser la jeune personne ?

FLORIMOX.

S'il y a du danger à épouser une femme qui ne vous aime pas

VICTOR

Il y en a bien plus à en épouser une qui en aime un autre.

FLORIMON.

Et puis , voyez l'alternative : si vous épousez , je vous ai insulté et je suis trop galant homme pour ne pas vous en rendre raison; si vous n'épousez pas, je vous aurai rendu service , et j'ai des droits à votre amitié ; choisissez donc : nous embrasser , ou nous couper la gorge.

LA MORTILLIÈRE.

S'embrasser. C'est beaucoup plus convenable.

FLORIMON.

Vous l'entendez, madame : c'est un poltron.

En effet , lorsque je le compare à votre aimable ami

FLORIMON.

Ne m'en croyez pas ; consultez ces deux jurisconsultes estimables.

VICTOR

Et madame, à qui son expérience et ses études ont donné des lumières

RICARD

Oh! si mademoiselle votre fille penche pour ce jeune homme

JOLIVET

Un mariage d'inclination , ma voisine.

MADAME DUFOUR

C'est le paradis sur la terre.

LA MORTILLIÈRE.

Fort bien ; mais les frais de mon voyage, et ma malle , et mes effets !

FLORIMON.

En traversant la ville , vous trouverez chez madame tout ce qui vous appartient; de plus, nous avons dans l'auberge en face une bonne chaise de poste , deux excellents chevaux à votre service ; il ne vous manque qu'un postillon , et tenez , en voilà un tout trouvé ; c'est votre domestique.

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