SCÈNE VIII
VICTOR, SOPHIE, DORLIS, madame DERCOUR, FLORIMON, JOLIVET, LA MORTILLIÈRE , madame DUFOUR, RICARD.
MADAME DUFOUR
Eh ! mon Dieu , voulez-vous donc la faire mourir la pauvre femme ? On vous entend du fond de la chambre à coucher.
RICARD
Madame Dufour a raison ; si vous continuez à disputer, disputez plus loin ou plus bas; songez que l'état de ma femme demande des ménagements.
LA MORTILLIÈRE.
Elle est donc votre femme ? bon ! tant mieux. Elle ne sera pas la mienne.
JOLIVET
Eh bien ! donc, en deux mots, et sans faire de bruit.
de quoi s'agit-il ? D'un contrat de mariage pour lequel vous m'avez mandé , madame Dercour ; il n'est pas fait encore ce contrat , et j'y ai des droits , et c'est moi qui le ferai , ici même à l'instant s'il le faut , et sans digressions pour cette fois.
FLORIMON.
Eh! mon Dieu! voilà tout ce qu'il nous faut, mon cher Jolivet. ( A part. ) Si nous pouvions saisir le moment.
DORLIS.
Ah ! c'en est trop enfin , et je rougis d'avoir pu garder si long-temps le silence.
VICTOR
Que va-t-il faire?
On vous trompe , madame ; voilà le véritable La Mortillière , et dans tout ce que vous a dit mon trop imprudent ami , il n'y a rien de vrai , rien que mon amour pour mademoiselle, qui est trop pur, trop délicat, pour que je veuille ne devoir mon triomphe qu'à votre erreur.
FLORIMON.
La belle équipée !
MADAME DERCOUR.
Comment!....
SOPHIE
Que dites-vous ?
JOLIVET
Oh ! oh !
RICARD
Voici qui change la thèse.