VIEUX 'P^%C
L<A spirale rampante et douce des terrasses Du pied des vieilles tours conduit en cet endroit : Reste des grands jardins, c'est un enclos étroit Qu'envahiront bientôt les cultures voraces...
Deux larges escaliers, qui forment l'angle droit, liraient leurs degrés tout fleuris d'herbes grasses. Sur le granit usé plus de bruit, plus de traces: Rien que l'ombre d'un mur qui s'allonge ou décroît.
I08 AVRIL, MAI, jélN
Un bassin, vide d'eau, mais plein de feuilles vertes. Puis des torses grossiers, des bouches entr'ouvertes De Naïades... m.iis rien n'en sort plus, — que l'ennui.
— La charrue, en passant auprès, brise la dalle; Et le pauvre vilain se console à part lui, Broyant de son sabot la pierre féodale.
Pal...
CoiACÉE
v-^' ÉTAIT le pur profil d'une médaille antique, Un front que la Vénus eût voulu pour le sien, Un nez tout à la fois grec et parisien, Un nez parisien tout plein de sel attique;
Un petit nez mondain et nullement mystique, Gentiment retroussé du bout, mais moins que rien; La bouciie était parfaite, et le menton très bien, L'œil noir, et néanmoins l'air fort mélancolique.
Les cheveux ondoyants, soyeux, couleur de jais, La peau blanche; en un mot, une tête de race. Est-ce en peintre, en amant que je l'envisageais?
Ce double sentiment dans mon cœur avait place. Avec un autre encor, qui fait que j'enrageais: Je ne pus admirer mon beau profil — de face 1
AVMiL, MAI, JUIN
kA M^DE!\C0ISELLE t.
1 ALE voyageuse aux grands yeux Comme la Mignon du poète, Pourquoi cherchez-vous, inquiète, D'autres forets et d'autres cieux?...
Pourquoi préférer à la terre Où fleurissent les orangers, La montagne, chère aux bergers, Et ses neiges que rien n'altère?
AVRIL, MAI, J'UIN
Errez-vous comme l'oiseau fuit.
Percé d'une flèche pendante?...
Est-ce l'amour qui fait la nuit
Sur vos yeux, artiste imprudente?
Est-ce la fatigue et le bruit?
Est-ce le mal d'une âme ardente?..
Pyrénées
HISTOIliE 'D'^SSCOU'H
li.s étaient bons tous deux et jeunes. Un été,
On comprit qu'ils s'aimaient, — eux-mêmes le comprirent.
Le rêve fut si beau ! tant de projets se firent,
Qu'un vent jaloux souffla sur leur félicité.
Tout semblait les conduire au but : de tout côté, Alors qu'ils s'y croyaient, les obstacles surgirent. Moi seul, — qui les aimais, — dirais ce qu'ils souffrirent Et de quels coups brutaux cet amour fut heurté.
Le Malheur suscita contre eux des choses dures, Des gens plus durs encore... Une douleur sans cris, Alors qu'ils souriaient, rongeait ces cœurs flétris.
Or, se trouvant un jour, après tant de tortures, Dans les bras l'un de l'autre, étonnés et meurtris, Ils pâlirent de joie en comptant leurs blessures.
AVKIL, MAI, JUIN 11$