XL IX
J'adore, en vérité, la forme et la matière, J'aime les tons nacrés, les contours onduleux, Les tissus veloutés, semés de filets bleus; Un sein dur et poli me parle à sa manière;
Le bras, la main surtout, la jambe tout entière, Le cou que finement nuancent les cheveux, Un dos potelé, forme, un flanc souple et nerveux. Avec la taille un peu rejetée en arrière.
AVRIL, MAI, J'UIN
La tête est pour sa part tout un code du beau. Il le faut épeler, vieux et toujours nouveau, Sur une lèvre rose ou dans un œil limpide;
Mais de tant de trésors je ne suis pas avide,
Et me résignerais à borner mon bonheur
A des contours moins purs — qu'échaufferait un cœur.
AVHIL, MAI, JUIN lOI
oiUX TH^TilSlElsiS D^CO'DE'H.'K.ES
ABAISSEZ, nous disent-ils, CCS femmes dans leur fange 1 » — La douleur purifie... — « Hérésie 1 Apprenez « Que les pécheurs d'un jour à jamais sont damnes, « Et que l'ange déchu ne peut plus être un ange.
« L'homme, du bien au mal, peut bien changer, et change. « Du nul au bien, jamais! » Ceux-là n'étant pas nés, Leurs devanciers, un jour, furent bien étonnés: ïu leur fus un scandale, ô Jésus! sage étrange!...
Le cœur brisé de honte, et le corps de sanglots,
Se traînait à tes pieds l'impure courtisane.
La foule murmurait: «Sois sans pitié! condamne 1
Mais tu calmais la foule aussi bien que les flots: Et quand le mot divin rayonna sur ta bouche. Les seuls Pharisiens t'observaient d'un œil louche.,
CO'K.SEILS a U'N.E T^'JilSIE'N.'ME
Da n s doute il est cbarmaut d'avoir des dents d"ivoire, Des cheveux hardiment plantés sur un beau front, Un nez de fantaisie, adorablement rond, Avec des yeux de jais, pensifs à n'y pas croire.
On a le cou si blanc dans une robe noire! Dans une robe blanche on a le cou d'un ton Si rose! et puis d'ailleurs, en vérité, peut-on Condamner au secret son satin et sa moire?
L'atelier d'un Nadar est tout près: on y va. Étant un peu coquette, on se trouve jolie. Comme ceci, d'abord, et puis comme cela.
Avec Musset je vais rappeler à Julie Qu'on ne devrait livrer au premier fat venu L'image de ses traits, pas plus que son bras nu.
AVRIL, MAI, JUIN t05
LU
LE COFFIIET
OUT platonique et tout parlementaire, Un seul amour l'a rempli jusqu'au bord... Chaos d'espoirs et de soucis! — D'abord Il est urgent d'en dresser l'inventaire.
Çà, procédons comme un parfait notaire... Tous ces papiers où la vétusté mord, Ont le secret de l'innocent accord Que l'on m'a tant, fait tant jurer de taire!.
Io6 AVRIL, MAI, yUIN
Tendres billets où l'on m'appelle « ami 1 »
— Ce titre-là me plaisait à demi :
J'eusse voulu changer la désinence... —
Puis (j'ai compté) trente de ses cheveux. Puis ce portrait, objet de tous mes vœux ;
— Cela sent bon. Parfum de continence!..,
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