A V K II. , M A I , J U I N
C%OQUIS
•J E m assis avec un crayon Dans un chaud fouteuil de bruyère Où ruisselait une lumière A contenter Diaz ou Troyon.
C'était une peinture fière, Ainsi qu'en fait Dieu d'un rayon.
Un chien dans l'herbe en fusion Se tenait droit sur son derrière.
J'éprouvais le trouble puissant Qiie toute âme rêveuse sent, Lorsque midi prend la parole;
J'avais préparé mes couleurs:
La métaphore et l'hyperbole; J'aimai mieux écouter les fleurs.
Verrières.
A V Kl t. , MAI, JUIN 153
J'iL VOUS arrive un jour d'aimer plus bas que vous, Ht que vos sens séduits causent votre faiblesse, Soj'cz homme du moins, et fier: qu'une maîtresse N'ait pas lieu de vous croire aveugle, — ni jaloux!...
— Mais si jusque dans l'âme une vierge vous blesse D'un regard, en fermant à demi son œil doux. Et qu'elle ait en pitié votre peine, — à genoux Immolez tout l'orgueil que le bonheur nous laisse I
Q.u'un caprice d'enfant soit pour vous une loi. Oubliez tout, science, ambition, — l'art mêmel Yeux fermés, poings liés, livrez-vous à sa foi...
Ne vous réservez rien 1 Dire à celle qu'on aime : « Je ne m'appartiens plus ; vous seule avez sur moi Droit de vie ou de mort, » c'est le bonheur suprême.
%ÉVOLTE
IN ON, non I la mort n'est pas ce que disent les prêtres, Un ange au front riant qui nous prend dans ses bras: C'est le squelette affreux d'Holbein, qui ne rit pas. Et jette au même trou les valets et les maîtres.
C'est l'aveugle bourreau qui marche de travers, Ht qui nous brise aux dents la coupe encore pleine; C'est le spectre qui boit le sang de notre veine. Et donne nos amours en pâture à ses vers.
C'est l'inconnu voilé qui nous frappe à la face, Tuant les uns trop tard, le reste avant son tour. Et qui semble jaloux de nos bonheurs d'un jour;
Q.ui nous prend tous nos biens, et nous donne à la place. Au lieu de l'air si doux et du soleil si beau. L'affreux je ne sais quoi d'au-delà du tombeau.
AVRIL, MAI, JUIN l^J
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