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LX XX VI

un. ^%TISTE

L'air cuit au bonheur et soufflait à la joue Des effluves de paix, d'espérance et d'amour. Par ces soleils féconds où le printemps se joue On est heureux d'ouvrir les yeux, de voir le jour.

La vie est une amante au sang riche, au teint rose; On se pend à son col avec enivrement.

Le sombre essaim des maux s'envole en un moment Loin des gouffres de l'âme où le passé repose.

Par un de ces beaux jours de joie et de lueur, J'allais heureux, avec des clartés plein le cœur; J'aperçus chancelant, le dos contre une borne,

Un vieillard abruti de faim, front bas, œil morne.

Un monsieur qui passait, d'un air indiflérent

Et d'un ton très poli, me dit : « Q.uel beau Rembrandt

AVmi., MAI, JUIN 175

F^iUVEITE

11 1ER, il ventait, il pleuvait.

Et je fus tout surpris d'entendre Le gazouillis plaintif et tendre D'une fauvette qui rêvait.

A son chant, — feu voilé de cendre, On aurait dit qu'elle couvait; Et que du froid, en son duvet, Elle avait peine à se défendre. •

Ce même oiseau, j'avais aimé A l'entendre les soirs de Mai, Quand sa note joyeuse éclate.

Mais jamais sa voix délicate N'eut ce timbre ému, comprimé.

Douceur qui remue et qui flatte !

AVKIL, MAI, JUIN tJJ

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