‹ ŒuvresChapitre 22 sur 58 · T^UL G · texte numérisé non relu

T^UL G

Lorsqu'il eut dépensé son dernier sou pour elle, Hllc partit. L'amour est comme une hirondelle: Il se tourne toujours vers les climats dorés... C'est pourquoi l'on voit tant d'amants désespérés.

Elle emportait de lui des baisers de jeunesse, Des fleurs et des rubans payés avec ivresse. Lui, comme vous pensez, lui n'avait rien reçu. Rien que de beaux serments, trahis à son insu.

Pourtant il regrettait cette alcôve banale, Où change chaque soir la couche nuptiale, Toujours ouverte à tous, ainsi qu'un mauvais lieu.

Peut-être pleura-t-il à l'heure de l'adieu... Ainsi s'en va l'amour à vingt ans, et la femme Qui n'a rien que son corps prend un peu de notre .îm€.

aCI'KI^ATUHE

/xvEC ces yeux d'émail, cette joue en carton, Ces mains, — d'une étagère elle semble échappée... On s'exclame en riant : « Mais c'est une poupée ! » Et pour s'en assurer on lui prend le menton.

La bouche en boutonnière étroite est découpée : La langue rose y passe en guise de bouton... — Un poigne sur le front dresse, blonde et crêpée, La toison dévolue à ce petit mouton.

Sa petite personne est grosse de malice !

Ses regards clignotants, élevés vers les cieux,

Impriment à sa danse un tour facétieux...

Elle fait des yeux doux... et des yeux en coulisse. Et sur son petit nez son pouce gracieux Dit fort éloquemment : Nargue de la police 1

AVXIL, MAI, JUIN Z7)

Page 1