A FRÉDÉRIC PLESSIS
J E voudrais me plonger dans la source féconde Où l'herbe au sable fin mêle ses verts réseaux, Et reposer auprès de la Naïade blonde Qui s'épanouit là comme une fleur des eaux.
Moi-même j'épandrais de son urne profonde
La nappe bleue et claire où tremblent les roseaux ;
Ht parfois je ferais envoler des oiseaux,
Pour voir le reflet noir de leurs ailes sur l'onde.
Ou, tandis que l'eau vive, égarée au travers
Des grands arbres, ferait flotter les graines mûres,
Je dirais, amoureux de leurs sentiers couverts,
La fraîcheur de l'Été sous les sombres ramures : Et la source ferait, de ses plus doux murmures, Un accompagnement mélodique à mes vers.
PAYSAOBS BT FANTAISIBS 3))
'N.UIT DE T^mS
A JEAN RICHF. PIN
L. E ciel des nuits d'été fait à Paris Jormant Un dais de velours bleu piqué de blanches nues, Et les aspects nouveaux des ruelles connues Flottent dans un magique et pâle enchantement.
L'angle, plus effilé, des noires avenues Invite le regard, lointain vague et charmant. Les derniers Philistins, qui marchent pesamment, Ont fait trêve aux éclats de leurs voix saugrenues.
Les yeux d'or de la Nuit, par eux effarouchés,
Brillent mieux, à présent que les voilà couchés...
— C'est l'heure unique et douce où vaguent, de fortune,
Glissant d'un pas léger sur le pavé chanceux, Les poètes, les fous, les buveurs, — et tous ceux Dont le cerveau, fêlé, loge un rayon de lune.
PATSA0B8 BT PANTAISIBS BJ)
7LUIT 'DES HOIS
i\ \.\ tiède lueur des étoiles paisibles Q.iii, d'en haut, nous suivaient avec des yeux de sœur, Nous nous sommes tous deux perdus dans l'épaisseur Du bois où sanglotaient des sources invisibles.
Comme ces traits qu'un jour, se proposant pour cibles Les astres, décochait Nemrod le fort chasseur. Nos âmes, de l'extase épuisant la douceur, Ont tenté de concert les cieux inaccessibles.
Mais l'inquiet silence et le doute du soir
Plus sombre nous ont fait retomber, sans espoir,
Des espaces conquis par cet élan superbe.
La rosée a mouillé nos fronts ambitieux :
Et, n'ayant pu cueillir les étoiles des cieux.
Nous avons regardé les vers-luisants, dans l'herbe.
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