GIBOULÉES
V-< o M M E un cnflmt que bat sa mère, bien qu'il sente Moins de menace au fond que d'amour dans ses yeux, N'est pas sans crainte, et glisse un regard anxieux De la bouche grondeuse à la main caressante;
Au seuil du doux printemps, la nature naissante, Au gré des horizons rembrunis ou joyeux. Semble indécise, et, quand un azur radieux Lui sourit, songe encore à l'averse récente.
— Tel le printemps s'ébat sous les pommiers neigeux, Tel à nos cœurs l'amour se révèle, en ses jeux Où périssent parfois de blanches fleurs gelées.
Serments, brouilles, retours, fuites, feu des baisers. Froid des regards, et pleurs d'un sourire apaisés Sont du ciel amoureux les folles giboulées.
La Sai'KT-JE^'K,
1 iMiDE, il me souvient qu'un jour je l'ai menée Sur la terrasse haute au spleudide coup d'œil, Où jadis un cliàteau gothique sous l'orgueil De ses tours a tenu la plaine dominée.
C'était en juin, le mois le plus doux de l'année, Le soir de la Saint-Jean... Les étoiles, au seuil Du ciel bleu, surgissaient pales et comme en deuil, La plaine de feux clairs s'étant illuminée.
Sur les coteaux, avec des rougeurs de tison, D'autres brasiers lointains enfumaient l'horizon : Un grand fleuve, au milieu, déroulait ses méandres;
Et je pensais, mon bras pressant un bras peureux, Voir un fourmillement de signaux amoureux Vers les blondes Héros invitant des Léandrcs.
L'ÉCL.AI'KCIE