A PIERRE ELZÉAR
r AR une chaude nuit, quand fermentent les sèves, Lorsqu'à demeurer plein le cœur éclaterait, Je veux m'en aller seul au fond de la foret. Pour donner à la fois l'essor à tous mes rcves.
Mainte vague chimère au mer%'eilleux attrait Dont mon esprit fiévreux est obsédé sans trêves Prendra vie et couleur... Formes I visions brèves. Dont moi seul aurai su l'ineffable secret 1
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Et je suivrai des yeux leurs pas folâtres. L'une
Fera luire ses bras dans un rayon de lune;
De pales fleurs des eaux l'autre ceindra son front ;
Et de fils de la Vierge ayant tissé leurs voiles, Toutes s'élèveront en groupe, et se perdront Dans le ciel que blanchit la neige des étoiles.
XESSOUFE'H.^'H.CE
Il est de fins ressorts dont la marche ignorée — Ni savants, ni rêveurs, n'ont deviné comment Va dans un coin de l'àme éveiller brusquement Le parfum d'une fleur autrefois respirée.
Autrefois, le céleste épanouissement De ta bouche qui rit, cette rose pourprée, M'avait tout embaumé l'âme... Chère adorée Qjii t'envolas si tôt, l'oubli vint lentement 1
Voilà que, ravivant ton image effacée,
Ta grâce tout à coup me vient à la pensée.
Comme l'air qu'un hasard souffle aux musiciens.
D'un soir déjà lointain je reconnais les fièvres : Et mon cœur a senti refluer à mes lèvres Une fraîche saveur de baisers anciens.
PATSAOBS ET FANTAISinS 2.\<)