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L'AUBE

A JEAN AICAHD

\^ii\Q.VE fois que j'ai vu l'Aube Ircmblanle naître Et poindre sa blancheur première à l'horizon. Avec le vent plus frais un espoir sans raison. Un indicible espoir a soulevé mon être.

Chaque fois que j'ai vu s'assombrir ma fenêtre Qu'envahissait le soir, la sourde trahison Du sort, les voeux déçus, les regrets à foison Troublaient mon cœur obscur qui n'ose se connaître.

Avec trop de matins pâles et trop de soirs

J'ai tour à tour vu naître et mourir mes espoirs

Pour qu'à les ranimer mon rêve s'ingénie :

L'illusion des fiers projets et des amours Éternelles a fui ; mais, inquiet toujours, L'Aube me gonfle encor d'une attente infinie.

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