SOLE
V-«'est l'été I C'est le temps où rougissent les pêches, Et les filles aussi... C'est le temps où les bois Ont tant de visiteurs, deux par deux, jamais trois! Où l'on entend de loin craquer les feuilles sèches...
Où tant de fleurs des prés s'effeuillent sous les doigts ; Où les blés sont foulés. .. où les murs ont des brèches... Peut-être entendrait-on chuchoter des voix fraîches Si tous les nids, l.î-haut, ne chantaient à la fois.
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Furtive, on voit passer la jeune paysanne
Aux bras ronds, demi-nus, que le soleil basane;
Dont le poing vigoureux porterait son danseur...
Le vent seul a baisé sa joue humide et brune... — Et la robuste enfant, par un maigre chasseur, Va se laisser montrer, h midi, clair de lune.
lÂL
AVKIL, MAI, JUIN 6)
Dous les lambris bien clos J'unechambre bien chaude Promener sa pensée aux crêtes des tisons, Rêver au coin du feu les' larges horizons, Envoyer follement son esprit en maraude ;
Dérober eu passant, par une heureuse fraude, Une gerbe de fleurs aux riantes saisons. Et bâtir des palais ou de simples maisons Dans le pays divin où tout poète rôde,
Tandis qu'un vent brutal siffle et heurte au dehors : Certes c'est une exquise et savoureuse joie; Mais les dieux du foyer avec Trilby sont morts.
— Rien ne vaut le plein ciel, un soleil qui flamboie, Les genêts parfumés, et l'ombre de deux corps Qui sur le sable épais voluptueuse ondoie.
AVRIL, MAI, JUIN 6j
DiCI'DI SU% L^ COTE (souvenir d'à r è s )
V^UELQUES hommes trapus, à figure hâlée, Et qu'à les voir marcher on devine marins; Braves gens qui s'en vont à jeun, la corde aux reins, Battre à coups d'aviron la vague échevelée.
Un sable aride et nu. De rares tamarins, Dont la feuille mordue a le goût d'eau salée... Pas d'ombre. A l'horizon la dune amoncelée Sous le soleil ardent prend des tons purpurins.
Sur la grève qui luit cuisent les algues sèches. A peine l'on y voit quelque crabe rôdeur, Quelque oiseau dont le bec pique l'os blanc des seiches.
Des bateaux goudronnés, bercés du flot grondeur, Exhalent dans l'air chaud leur saine et forte odeur; — Au loin d'autres bateaux fu5'ant comme des flèche)