‹ ŒuvresChapitre 8 sur 58 · UX IT^LIE'H.S · texte numérisé non relu

UX IT^LIE'H.S

Vous 5avcz dans Don Juan ce divin menuet, Doux comme un chant de brise et frais comme un sourire, Q.ue sur un rythme lent le violon soupire: La note andantino s'égrène sous l'archet.

J'aperçus au balcon une vieille marquise Qui gardait malgré l'âge un reste de beauté: L'ceil n'était plus bien vif, ni le teint velouté. Mais sous le gant de peau la main était exquise.

Et la vieille soudain eut dans l'œil un éclair Quand l'orchestre entama piano l'antique danse. Sa lèvre remuait pour accompagner l'air ;

Et balançant la tête, et marquant la cadence, Elle faisait revivre en un rêve charmant Son beau siècle affolé qui dansait gravement.

v-'ELLE que j'ai rêvée est blonde... Néanmoins

Cette difficulté serait bientôt levée :

Elle peut être brune, et n'en sera pas moins

Pour mon cœur, pour mes yeux, celle que j'ai rêvée...

Quand je l'aurai trouvée, un de mes premiers soins Sera de la cacher. Pour leur chère couvée Les oiseaux font un nid dans l'ombre, s.ins témoins!... — Et peu de gens sauront quand je l'aurai trouvée.

Avant l'heure bénie où Dieu me l'enverra,

Je n'aurai point de joie ! — hors une, qui sera

De n'en point aimer d'autre avant l'heure bénie.

Ma vie, en cet instant précis, commencera. — Si tu me la reprends, ô sort plein d'ironie. Ma vie, en cet instant précis, — sera finie!

Elle avait quand elle arriva Ce qui se perd, ce qui s'en va Au parfum des odeurs coûteuses, Au vent des valses capiteuses.

Sur sa joue honnête elle avait Ce velours rosé, ce duvet Des pèches encor sur la branche, Et son ame était toute blanche.

Elle avait un petit fichu, Qiii n'avait pas encore chu Au-dessous de la gorge ronde.

Elle était suavement blonde ; Son œil était limpide et doux...

Elle est morte! — La voyez-vous?

AVKIL, MAI, JUIN J7

Cl LE s'est dit, la pauvre fille:

Ce sont des conseils que j'ai pris, Je vais m'en venir à Paris, Je m'ennuyais dans ma famille.

Les blés sont durs sous la faucille.

L'hiver est rude aux pieds meurtris ; Aux premières roses j'appris De quelqu'un que j'étais gentille.

jS AVRIL, MAI, JUIN

Là-bas j'aurai fleurs et joyaux :

De jeunes hommes fiers et beaux Empliront ma loge au théâtre;

Puis, quand ils auront respiré Ma jeunesse, — je m'en irai Sur la table d'amphithéâtre.

%ELIQU^I%E

J'ai grand'peine à loger dans ma pauvre cervelle L'ennui mis en leçons par nos vieux professeurs! C'est qu'aimant un peu trop certaines des neuf Sœurs, Aux austères amours je deviens infidèle.

Il faut de frais sommets pour attirer mon aile: Ma mémoire a du goût, mais elle a peu de mœurs; IZlle sait l'Antiope aux vivantes couleurs, Ht les contours divins que polit Praxitèle.

6o AVRIL, MAI, JUIN

Oh ! combien de nez grecs, combien de fronts romains, Rêvés dans le sommeil, trouvés par les chemins, En équipage, à pied, au Louvre, dans la ruel

Dans ce vivant bouquet qu'on cueille à pleines mains Jamais de fil brisé, ni de fleur disparue:. Odorante moisson ! gerbe sans cesse accrue !

AVKIL, MM, JUIN 6l

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