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Des portes du matin Tamante de Céphale, Ses roses épandoit dans le milieu des airs,
' MUe Paulot(T.).
^ C'est le fameux sonnet de la Belle Maiineuse, imité d'Annibal Caro (Voyez plus haut, p. 227 ). Il y en eut beaucoup de composés à cette époque sur le même sujet. Maileville en fit trois à lui seul; voici celui qui remporta le prix, et que les connaisseurs estiment à l'égal du sonnet de Voilure:
Le silence régnoit sur la terre et sur l'onde, L'air devenoit serein, et l'Olympe vermeil; Et l'amoureux zéphyr affranchi du sommeil, Ressuscitoit les fleurs d'une haleine féconde.
L'Aurore déployoit Tor de sa tresse blonde, Et semoit de rubis le chemin du soleil ; EnGn ce dieu venoit en plus plus grand appareil, Qu'il soit jamais venu pour éclairer le monde.
Quand le jeune Philis, au visage riant. Partant de son palais plus clair que l'orient, Fit voir une lumière et plus vive et plus belle.
Sacré flambeau du jour, n'en soyez point jaloux.
Vous parûtes alors aussi peu devant elle,
Que les feux de la nuit avoient fait devant vous.
Et jetoit sous les cieux nouvellement ouverts, Ces traits d'or et d'azur, qu'en naissant elle étale.
Quand la Nymphe divine, à mon repos fatale, Apparut, et brilla de tant d'attraits divers. Qu'il sembloit qu'elle seule éclairoit l'univers, El remplissoit de feux la rive orientale.
Le soleil se hâtant pour la gloire des cieux, Vint opposer sa flamme à l'éclat de ses yeux. Et prit tous les rayons dont l'Olympe se dore.
L'onde, la terre et l'air s'allumoient à Tentour; Mais auprès de Philis on le prit pour l'Aurore, Et l'on crut que Philis étoit l'astre du jour.
xxn.
(Au cardinal Mazarin, sur la comédie des machines ^ )
Quelle docte Circé, quelle nouvelle Armide Fait paroître à nos yeux ces miracles divers? Et depuis quand les corps, par le vague des airs. Savent-ils s'élever d'un mouvement rapide ?
Où l'on voyoit l'azur de la campagne humide, Naissent des Heurs sans nombre et des ombrages verts. Des globes étoiles les palais sont ouverts. Et les gouffres profonds de l'empire liquide.
' Vovez TAWcmanl, Historiettes, L Vil, p. 5, cl OEiivres de Saint-Évrcmond, t. I, p. 165. — Il y ciil aussi un sonnet do Maynard sur le même sujet. Mazarin eut, comme on le sait, le mérite d'avoir introduit l'opéra en France. La gazette de Renaudot ( année 1647, p. 201) parle d'une pièce intitulée la Festa teatrale délia finta pazza, qu'il lit représenter en 1645 au Petit-Bourbon ; puis d'un autre opéra en vers italiens, Orphée et Eurydice, qui fut joué en 1647, par des acteurs qu'il avait Tait venir de delà les monts. C'est là- dessus (|ue Voiture et Maynard firent leurs sonnets,