LXXXVIII
(inédite.)
[Compose vers li)37/
Une contestation, rapporte Pêlisson* , èlait née à l'hôtel de Rambouillet, s'il fallait dire muscardins ou muscadins, et avait partagé toute la cour, comme il arriva quelques années après pour les sonnets de Job et d'Uranie. L'Académie jugea en faveur de muscadins, et Voiture fil à ce sujet celle bouffonnerie qui n'a pas été imprimée.
Au siècle des vieux palardins, Soit courtisans, soit citardins.
Femmes de cour, ou citardines, Prononçoieiit toujours muscardins, Et balardins et balardines. Même l'on dit, qu'en ce temps-là Chacun disoit rose muscarde; J'en dirois bien plus que cela :
Mais, par ma foi, je suis malardo, Et môme, en ce moment, voilà Que Ton m'apporte une panarde^.
(Komanco espagnole '■'. )
Fuera ! fuera ! a parta ! a parta !
' Voyez Pélisson, Histoire de V Académie, t. I, p. 170.
^ Les lettres de Balzac fixent à peu près l'époque où fut composée cette boutade. Balzac tenait pour muscardins, qui avait pour lui l'usage, quoique l'oreille fût pour muscadins. « L'usage, dit-il, doit tout régler, et de plus, l'origine du mot étant italienne, quel droit avons-nous d'ôter une lettre d'un mot qui n'est pas de notre juridiction? Quoique cette lettre soit rude, elle ne laisse pas de tenir toujours son rang dans l'alphabet ; elle murmure, elle gronde, elle mord impunément depuis tant de siècles, elle entre dans plusieurs mots où elle n'est pas moins rude, ni moins raboteuse que dans muscardins, sans que personne s'en plaigne » {Lettre de Balzac à Chapelain, du 17 novembre 1G37 ).
^ Voyez 1. 1, p. 250. — Je joins ici une traduction de la ro-
Ouo AiTiorontra por la pinrn, ouacirillero de galaiies :
Doze llcva en su quadrilln De diterentes libreas.
J.OS unos de argentcria,
Y de oro lino los otros, Que pudieran en el cielo Competir con las estellas.
Varias y lustrosas sedas Los demas va adornando Fardas, azules, muradas, Pajiças y carmesies.
Con nacaradas marlotas
Y con verdes albornozes.
Van desfiando rubies,
Y luzientes esrneraldas.
malice par M. Romey, le judicieux historien de l'Espagne, (jui a bien voulu en môme temps prendre la peine de n'iablir le texte espagnol, affreusement mutilé.
Carc ! gare I éloignez-vouâl éloignez-vous! L'Amour cutrc dans la place, A la tète d'une troupe de galants ; Il en conduit douze dans sa troupe De livrées différentes.
Les uns portent de brocart d'argent, Et les autres d'or lin, Qui pourroient dans le ciel Rivaliser avec les étoiles.
Des étoffes de soie, variées et éciatantcH, Servent aux autres de parure, Grises, azurées, couleur do nuiraille, Jaunes et cramoisies.
Avec leurs capes nacarat, Et leurs burnou» rerU,
Los unos de amor y zelos Llevan la color quel)rada,
Van muriendo por su dama.
Pasan con miicho donaire Gon orden y bizarria, Cada quai por si vistoso, Monstrando gran gallardia ;
Passai! los doze galanes, No las calles de Granada, Vivarambla o Zocatin, Mas por la sala de Julia.
Viene ella con taies brios Con taie aire e gentilezza, Que a quien tienc aima y ojos Lleva los ojos y el aima.
Ils le disputent aux rubis
Et aux émeraudes chatoyantes.
Les uns de l'amour et de la jalousie Portent les couleurs tranchantes ; Les autres, dans leur vive ardeur, Vont mourant pour leur dame.
Us s'avancent avec grâce.
Avec ordre et noblesse, Chacun remarquable de soi, Et faisant montre de bonne mine.
Us s'avancent les douze galants, ÎS^on par les rues de Grenade, Vivarambla ou le Zocatin, Mais par le salon de Julie.
Elle y paraît avec un tel éclat.
D'un si bel air et si gracieux,
Qu'à celui qui possède une âme et d<*s yeux.
Elle ravit les yeux et l'âme.
Moins belle paraît l'aurore, Quand du s<in dos nunges dor<^s,
Tan bien no parcce el Alva, Quando entre doradas nubes Vertiendo flores y perlas, Viene a despertar el dia.
Poca grana y muclia nieve Van compitiendo en su cara,
Y entre lirios y jazmines, Assomanse algunas rosas.
Buelan mil tiernos Amores Alumbrando su belleza :
Sus ojos, graves y bellos, Unes matan y otros crian.
Matan les mas atrevidos,
Y les ninos van criando, Hasta que scpan hablar,
Y puedan Uamarla madré.
Hépandant les fleurs et les perles.
Elle vient éveiller le jour.
Peu de pourpre et beaucoup de neige Combattent sur son visage, Et entre les lis et les jasmins Se montrent quelques roses.
Mille petits amours volent,
Eclairant sa beauté ;
Ses beaux grands yeux donnent
La mort aux uns, et la pâture aux autres.
Ils donnent la mort aux grands, Et la pâture aux petits.
Jusqu'à ce qu'ils sachent parler Et appeler leur mère.
Environnée de lumière et de rayons.
Elle se rencontre avec la troupe.
Et les galants aimables Se trouvent en sa présence.
Leurs couleurs s'olFacent Auprès de colles do son visage,
Cercada de luz y rayos
Se encuentra con la quadrilla,
Y les discrètes galanes Han llegado à su presencia.
Pierden elles sus colores, En viendo las de su cara,
Y admirando se quedaron Siii vozes, aimas y lenguas.
Atentos la estan mirando Sin poder dezir palabra.
Que delante de tal dama No ay galan que no enmudesca.
En ora buena lleguays (Dixo la hermosa Christiana)
Et, saisis d'admiration, ils demeurent Sans voix, sans esprit et sans langues.
Attentifs, ils la regardent Sans pouvoir proférer une parole :
Car en présence d'une telle dame.
Il n'est galant qui ne devienne muet,
« Soyez les bienvenus, »
Leur dit la belle chrétienne ; Car des galants si discrets Pourraient l'être de Diane.
Ils se posent sur elle :
Les uns dans ses cheveux,
Les autres à l'entour de son sein.
Qui fait honte à la blancheur des lis.
Ils semblent recevoir d'elle la vie, Ceux qui ont l'heur de la toucher :
Et aussi bien elle peut donner la vie. Celle qui possède tant d'âmes.
0 Julie, spirituelle et belle Entre toutes celles qui sont nées ; Le jour où tu vins au monde Fut marqué de signes heureux.
Que galanes tau callados Lo pueden ser de Diana.
Toman su asiento con ella, Los unos en los cabellos, Los otros cerca del pecho Que afrenta las azuçenas.
Parece que toman vida Los que aciertan à tocarla :
Que muy bien puede dar vidas, Quien tantas aimas possède.
0 Julia, discreta y bella Entre quantas han nascido, El dia que tu nasciste (irandes senales avia.